Un nouveau round de pourparlers de paix inter-libyens s'est ouvert mardi à Genève sous l'égide de l'ONU, quatre semaines après le paraphe d'un accord à Skhirat visant à mettre un terme au conflit qui déchire la Libye depuis des années.

Les discussions qui se tiennent sous la direction de l'émissaire des Nations Unies, Bernardino Leon, sont marquées par la présence de représentants des différentes parties libyennes, y compris le Congrès Général National (CGN) non reconnu par la communauté internationale et qui avait boycotté le dernier round de Skhirat ainsi que l'accord préliminaire.

M. Leon devrait procéder à des consultations séparées avec les différents parties en vue d'un compromis global sur la formation d'un gouvernement d'union dans le prolongement des progrès déjà réalisés, selon la Mission des Nations Unies en Libye (Manul).

Auprès des délégations, on indique que l'émissaire de l'ONU cherche à convaincre les protagonistes de ratifier un accord sur la constitution d'un cabinet d'union nationale d'ici septembre

"L'objectif, qui nous a été présenté par M. Leon, est qu'au début septembre nous ayons cet accord ratifié afin de pouvoir aller à l'Assemblée Générale à New York avec un nouveau gouvernement et un accord global", a déclaré à la presse le président du parti Front National Libyen, Mohammad Ali Abdullah Addarrat.

Le CGN ne signera aucun accord prévoyant le maintien du général Khalifa Haftar à la tête de l'armée, a cependant averti M. Addarrat.

Le général à la retraite Khalifa Haftar avait lancé en mai 2014 une opération contre les groupes anti-islamistes à Benghazi, la deuxième ville du pays. Critiqué dans un premier temps par le gouvernement reconnu, il a été finalement nommé chef de l'armée en mars.

En annonçant ce nouveau round de pourparlers, la Manul avait appelé les principaux acteurs à "travailler ensemble en vue de régler les questions en suspens et asseoir une plateforme commune pour un règlement pacifique du conflit".

M. Leon avait demandé la semaine dernière aux parties impliquées dans le dialogue de "redoubler d'efforts pour réduire les divergences et parvenir à une entente qui sera la base d'un règlement au pacifique au conflit" qui secoue le pays.

Il a affirmé que "tout règlement politique définitif doit inclure des garanties visant à rassurer les différentes parties au sujet de toute préoccupation qu'elles pourraient continuer à avoir".

A l'issue du précédent cycle de pourparlers qui se sont déroulés à Skhirat, la majorité des participants libyens ont paraphé le 11 juillet un accord politique global en vue d'un règlement de la crise politico-militaire.

L'accord obtenu "montre clairement une volonté et un courage politiques et rapprochait un peu plus le pays d'une solution à la crise sécuritaire et institutionnelle à laquelle il est confronté", avait estimé le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Trois ans après la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi, la Libye compte deux Parlements et deux gouvernements rivaux, l'un basé à Tripoli et dominé par la coalition de milices Fajr Libya, alors que l'autre siège dans l'est du pays et est le seul reconnu par la communauté internationale.

(MAP)