"Comme les mécanismes permanents pourraient prendre du temps, et que nous avons une situation très pressante en Italie, en Hongrie et en Grèce, il va y avoir une proposition pour la réinstallation urgente de 120.000 (réfugiés)", a expliqué jeudi à l'AFP une source européenne.

La proposition doit être officialisée par le président Jean-Claude Juncker lors de son discours sur l'Etat de l'Union du 9 septembre, après avoir reçu l'accord des commissaires.

Elle vient s'ajouter à la réinstallation de 40.000 migrants annoncée en mai, qui ne concerne par ailleurs que l'Italie et la Grèce.

Cette proposition semble avoir l'appui de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français François Hollande. Paris et Berlin sont d'accord sur le principe de "quotas contraignants" pour l'accueil des réfugiés par les pays de l'UE, a indiqué Mme Merkel jeudi à Berne, en Suisse.

Jeudi matin, le président du Conseil européen Donald Tusk avait aussi appelé les Européens à "redoubler les efforts de solidarité", avec "une répartition équitable d'au moins 100.000 réfugiés", alors même que les 28 pays de l'Union ont jusqu'ici résisté à un système de redistribution des demandeurs d'asile proposé par Bruxelles, n'offrant que 32.256 places, contre les 40.000 demandées.

Les règles concernant le droit d'asile dans l'Union européenne stipulent que les demandes doivent être examinées dans le premier pays dans lequel une personne est enregistrée.

Selon la source européenne, la répartition des demandeurs d'asile entre les 28 se ferait sur les mêmes critères que la proposition faite en mai, qui prennent en compte le nombre d'habitants des pays d'accueil et l'impact économique.

Hollande et Merkel proposent une "répartition équitable"

François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel "ont décidé de transmettre dès aujourd'hui (à l'UE) des propositions communes pour organiser l'accueil des réfugiés" et une "répartition équitable" en Europe, a annoncé l'Elysée jeudi dans un communiqué.

Les deux dirigeants, qui se sont entretenus au téléphone jeudi de la crise des migrants, ont ainsi "décidé d'une initiative sur la situation des réfugiés qui cherchent à rejoindre l’Europe", a indiqué la présidence Française.

Cette initiative vise notamment à "organiser l’accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe", a ajouté l'Elysée.

Il s'agit aussi de "rapprocher les normes pour renforcer le système d’asile européen, assurer le retour des migrants irréguliers dans leur pays d’origine, et apporter le soutien et la coopération nécessaires avec les pays d’origine et de transit".

Pour la présidence française, "l’Union européenne doit agir de manière décisive et conformément à ses valeurs".

"Les tragédies succèdent aux drames" alors que "des milliers de victimes ont péri depuis le début de l’année", a-t-elle encore relevé.

"Ces hommes et ces femmes, avec leurs familles, fuient la guerre et les persécutions. Ils ont besoin de la protection internationale. Elle leur est due. Les conventions de Genève élaborées au lendemain de la guerre obligent tous les pays. L’Europe doit protéger ceux pour qui elle est le dernier espoir", a insisté l'Elysée.

Et si "d’autres tentent d’améliorer leurs conditions matérielles par des voies irrégulières, ils doivent être raccompagnés, dans la dignité".

(Avec AFP)