Alors qu’une centaine de réfugiés s’échappaient d’un point d’enregistrement de la police près de la frontière entre la Hongrie et la Serbie, la reporter a commencé à donner des coups de pieds à plusieurs d’entre eux, dont une petite fille.
La chaîne de télévision N1TV, employeuse de la journaliste, n’a pas tardé à virer la camerawoman en annonçant son licenciement sur Facebook «Aujourd’hui, une de nos collègues a eu un comportement inacceptable dans le camp de Röszke. Un préavis exceptionnel lui a été adressé. L’affaire est close de notre côté».
Des centaines de migrants remontaient lundi à pied et à contresens une autoroute hongroise, marchant en direction de la capitale, Budapest, après avoir forcé un cordon policier près d'un centre d'accueil pour réfugiés près de la frontière serbe, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les forces de l'ordre ont fermé un tronçon de l'autoroute M5 près de Roszke, à proximité de la frontière avec la Serbie, après que 150 à 200 migrants eurent escaladé une barrière pour accéder à cet axe routier qui mène à Budapest.
Ces personnes faisaient partie d'un groupe d'un millier de migrants qui avaient plus tôt forcé un cordon policier près d'un point de rassemblement, à Roszke, d'où les migrants sont conduits à un centre d'accueil et d'enregistrement pour demandeurs d'asile.
Des accrochages s'y sont produits dans la journée lundi, des migrants étant mécontents d'avoir à attendre, dehors et pendant plusieurs heures, les bus devant les conduire au centre d'accueil.
Ce centre situé à Roszke, principal point de passage pour les milliers de personnes qui franchissent quotidiennement depuis un mois la frontière serbo-hongroise, est aujourd'hui débordé. Les délais d'attente y sont longs, provoquant des affrontements entre policiers et migrants.
Vendredi, des policiers, cibles de jets de pierres de la part des migrants, ont riposté en tirant des grenades lacrymogènes. Plus tôt, ce jour-là, 300 personnes s'étaient échappées du centre de Roszke, conduisant les autorités à fermer pendant près d'une heure le principal poste-frontière avec la Serbie.
Environ 167.000 migrants sont entrés clandestinement en Hongrie cette année, la majorité par la région de Roszke.
Le parlement hongrois a voté vendredi une batterie de lois contre l'immigration, dont l'une, qui doit entrer en vigueur le 15 septembre, rend l'immigration illégale passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison.
Le Premier ministre Viktor Orban a annoncé lundi que les travaux d'édification d'une clôture le long de la frontière avec la Serbie allaient être accélérés.
(Avec AFP)