Les intervenants ont pu dresser un panorama de la notation financière au Maroc et des caractéristiques spécifiques à chaque type d’entité: les fonds et les sociétés de gestion; les entreprises et les entités du secteur public.                                                         

S’agissant des fonds et des sociétés de gestion, deux types de notation ont été évoqués.

Premièrement, la notation de la société: il s’agit notamment de l’évaluation des risques globaux de la société, de ses procédures opérationnelles et de la revue de son organisation. Deuxièmement, c’est la notation du fonds qui est concernée, avec son risque de crédit ou de liquidité, sa capacité à préserver le capital, etc.

Les intervenants ont ensuite rappelé les notes attribuées aux trois plus grandes sociétés de gestion au Maroc, à savoir Wafa Gestion, CDG capital gestion et BMCE capital gestion, toutes notées "Highest standards (mar)". 

Le marché des actions manque de force

Les intervenants ont également mis l'accent sur la croissance soutenue du marché marocain de gestion des actifs. "Ce marché dynamique n’a même pas connu de baisse ou de stagnation en 2008", rappelle Manuel Arrivé, directeur senior au bureau de Fitch à Paris.

Ceci dit, il faut savoir que cette montée importante du marché de la gestion des actifs au Maroc est essentiellement portée par les fonds obligataires, qui représentent 90% des encours. C’est également un marché presque exclusivement institutionnel (92%) et local. En parallèle, le marché des actions demeure atone, souffrant d’un manque de liquidité chronique et même "moribond", selon les dires de Monsieur Arrivé, ce qui a accru l’aversion au risque auprès des investisseurs.

S’agissant de la notation des entreprises, celle-ci compte également plusieurs types de notation, dont la notation "émetteur" qui donne un aperçu sur le risque de défaut, ainsi que la notation des instruments, qui combine une notation "émetteur" avec une estimation du taux de recouvrement en cas de défaut. "La probabilité de défaut d’une entreprise notée AA est plus faible que la probabilité de défaut d’une entreprise notée BB", a déclaré Frédéric Gits, directeur général de Fitch Paris. "C’est une notation purement prospective; nous nous basons sur le passé pour prédire le futur", a-t-il ajouté.

Et les entités du secteur public?

Quant à la notation des entités du secteur public, les intervenants ont rappelé son importance et le rôle qu’elle joue en tant qu’outil de gestion interne garantissant la transparence, mais également en tant que catalyseur de l’accès au financement. La notation des entités du secteur public se base sur des critères qualitatifs comme le cadre juridique, l’organisation, la gestion de la dette, la gestion fiscale, etc. Elle se base aussi sur des outils quantitatifs comme la liquidité ou les budgets. La notation des entités publiques passe également par l’évaluation des liaisons de l’entité à son mandant. Ces dernières déterminent l’approche de l’évaluation (ascendante ou descendante).

Ce séminaire de Fitch Group a par ailleurs été l’occasion de présenter quelques outils d’analyse développés par Fitch, comme son navigateur interactif pour entreprises qui permet d’accéder gratuitement aux données de notation de plusieurs entreprises à travers le monde ou encore sa plateforme Fitch Connect. Cette plateforme d’analyse du risque de contrepartie personnalisable fournit les notations et données financières établies par Fitch, couvrant plus de 3500 banques et plus de 120 pays. Les intervenants ont affirmé que Bank Al Maghrib serait intéressée par l’acquisition de cette plateforme.