Après une escalade verbale sans précédent par médias interposés, la relation s'est envenimée davantage, mardi 13 octobre, avec l'absence des représentants de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica, patronat) de la reprise des négociations sociales.

C'est l'étonnement du côté de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) dont le secrétaire général adjoint Belgacem Ayari a affirmé que le patronat n'a pas justifié sa défection auprès du ministère des Affaires sociales, tuteur du dialogue entre les deux partenaires.

La centrale et le patronat, dont l'animosité subite fait craindre une nouvelle panne de l'économie, avaient pourtant réussi, en 2013, à extirper la Tunisie de la pire crise politique post-Révolution, en jetant les ponts de communication entre des parties considérées comme inconciliables.

Le numéro deux de l'Ugtt a annoncé à l'agence TAP que la section du secteur privé tiendra prochainement une réunion en vue de prendre les mesures "appropriées" à cet effet, déplorant "un dangereux antécédent dans l'histoire des négociations sociales".

De son côté, l'Utica a assuré, dans un communiqué, avoir adressé, lundi matin, une lettre au ministre des Affaires sociales demandant le report de cette séance, du fait que ses représentants sont pris par "d'autres engagements".

L'Union a dit ne pas comprendre l'attitude du ministère "qui n'a pas donné satisfaction à sa requête et n'a pas reporté la réunion".

Il y a une semaine, l'Ugtt a brandi la menace d'une grève générale dans le secteur privé, si le patronat tergiverse dans les négociations sur les augmentations salariales.

En septembre dernier, le président tunisien Béji Caid Essebsi a annoncé une hausse des salaires dans les secteurs public et privé, dans le souci de stimuler l'économie après deux trimestres de croissance négative, synonyme de récession technique.

(Avec MAP)