La présidente du Front national Marine Le Pen est arrivée, mardi 20 octobre, au tribunal de Lyon. Elle doit y être jugée pour ses propos polémiques sur les prières de rue tenus il y a cinq ans. La présidente du Front national encourt jusqu’à un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. 

Elle se retrouve face à quatre associations, constituées parties civiles, dont l’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM). La Licra s'est ajoutée ce lundi à la liste des plaignants.

"Je n'ai commis aucune infraction", a-t-elle lancé, tout sourire, à la foule de journalistes qui l'attendaient devant le bâtiment. Entourée de son service d'ordre, elle a refusé de répondre aux questions en anglais de journalistes étrangers.

Mme Le Pen est poursuivie pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion". En décembre 2010, elle avait fait un parallèle entre les prières de rues de musulmans et l'occupation nazie.

"C'est une occupation"

"C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants", avait-elle à l'époque déclaré.

Mme Le Pen a feint de s'étonner de la date de sa convocation devant la Justice: "Il ne vous étonne pas ce calendrier? Nous sommes à un mois d'une élection régionale alors que cette affaire a cinq ans!".

Pour elle, la ministre de la Justice Christiane Taubira "a décidé de mener à (son) encontre une véritable persécution judiciaire".

"Je vais venir me défendre devant le tribunal", a-t-elle assuré, en réitérant les propos contestés.

"Les prières de rue (…) c'est une manière d'accaparer (…) un territoire pour y imposer une loi religieuse. Je suis dans mon droit comme responsable politique d'évoquer un sujet fondamental. C'est même un devoir", a-t-elle fait valoir.

(Avec AFP)