Le président turc Recep Tayyip Erdogan se préparait à former un gouvernement entièrement à sa main après la victoire écrasante de son parti aux législatives, saluée lundi par des marchés financiers en quête de stabilité mais redoutée par l'opposition.

Contre tous les pronostics, son Parti de la justice et du développement (AKP) s'est largement imposé en raflant 49,4% des suffrages et une majorité absolue de 316 des 550 sièges du Parlement, selon les résultats définitifs rendus publics dans la nuit par les chaînes d'information locales.

Cinq mois à peine après le revers retentissant concédé lors du scrutin du 7 juin, ce succès constitue une revanche éclatante pour M. Erdogan.

Symboliquement, l'homme fort du pays a célébré son succès lundi matin par une prière à la mosquée d'Eyup, comme le faisaient les nouveaux sultans de l'Empire ottoman.

"La volonté de la nation s'est exprimée en faveur de la stabilité (…) j'ai toujours dit +une nation, un drapeau, un pays, un Etat", s'est-il réjoui à l'issue de sa visite.

Sûr de lui, le chef de l'Etat s'est également permis de sermonner ses critiques, notamment ceux de la presse internationale, en les pressant de respecter le verdict des urnes. "Mais je n'ai pas constaté (chez eux) une telle maturité", a griffé M. Erdogan.

Son succès dimanche a été unanimement accueilli comme l'expression du désir de stabilité des électeurs turcs, dans un pays confronté depuis la fin de l'été à la reprise du conflit kurde et à la menace jihadiste, après l'attentat-suicide qui a fait 102 morts devant la gare centrale d'Ankara il y a trois semaines.

(Avec AFP)