Tout d’abord, les intervenants au sommet ont déclaré, le 12 novembre, vouloir mettre à profit l’expérience marocaine en matière de formation des imams, comme contribution à la prévention de l’extrémisme.
Un plan d’action a par ailleurs été dressé visant la coopération triangulaire entre pays subsahariens, pays sud-méditerranéens et pays européens pour favoriser le développement dans les pays d’origine.
Troisièmement, les parties prenantes ont souligné qu’il fallait prendre des mesures face aux conflits et aux violations des droits de l’Homme dans les pays d’origine des migrants africains (notamment dans les régions du Sahel, du lac Tchad et de la Corne d’Afrique). Ces conflits causent, d’après les dirigeants, des déplacements internes, de la migration irrégulière et des flux de réfugiés.
A première vue, le Maroc, représenté lors de la rencontre par sa délégation composée du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, du ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des affaires de migration, Anis Birou, et de l'ambassadeur du Maroc auprès de l'UE, Menouar Alem, est concerné par ces trois projets.
A noter: moment fort pour la délégation marocaine. Le 12 novembre, le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy, s’est félicité de la coopération maroco-espagnole pour la lutte contre l’immigration clandestine.
Signalons également les propos, repris par l’agence de presse Reuters, de Salaheddin Mezouar peu avant la fin de la rencontre internationale. Le ministre a dit que "la moitié des 30 millions de réfugiés se trouvent encore sur le continent africain", ajoutant qu’il considérait la migration comme un processus continu et le 21e siècle comme celui "du grand mélange des peuples et des cultures".
La presse européenne se déchaîne
La presse européenne n’est pas tendre, le 13 novembre, à l’égard des dirigeants du vieux continent et ce malgré l’annonce de la création d’un fonds d’urgence doté de 1,8 milliards d’euros (sur cinq ans) pour aider l’Afrique à générer plus d’emplois pour réduire la migration clandestine. Pour de nombreux journaux européens, le rassemblement des 11 et 12 novembre intervient trop tard.
Ainsi, dans la presse belge, Le Soir écrit que l’Europe est au bord de l’implosion et que les décisions sécuritaires nationales n’aident en rien. Le titre ajoute qu’il faudra peut-être une tragédie de grande ampleur pour que les leaders européens réagissent de concert. La Libre Belgique, autre quotidien du royaume centre-européen, affirme que "l’Europe forteresse" (ndlr: sécuritaire) est en train de faire faillite.
Suttgarter Zeitung, journal allemand, juge que le désintérêt de l’Europe pour l’intégration économique africaine et l’implication de la société civile dans la résolution des causes profondes de l’immigration ont mené à l’actuelle situation. Et ces erreurs sont à imputer à l’Europe, d’après le titre. Des articles au ton bien pessimiste donc qui contraste avec les déclarations "d’avancement" faites, par exemple, par Angela Merkel.
Des inquiétudes sur le fonds d’urgence
Aux Pays-Bas, le quotidien AD rapporte, à propos du fonds, que des responsables africains, dont ceux du Niger et du Sénégal, soutiennent que le montant alloué n’est pas suffisant pour aider les populations vulnérables du continent. Des ONG émettent également des doutes sur cette initiative qui leur semble contradictoire vu que les pays de l’Union rabotent leurs budgets nationaux d’aide au développement pour réduire les dépenses nationales.