Aujourd’hui détenu à Madrid, Mustapha Maya Amaya fait ces nouvelles confessions alors qu’il est interrogé par les juges espagnols et français rapporte El Pais de ce dimanche.
Agé de 52 ans, Mustapha Maya Amaya se déplace en chaise roulante. Il est né de parents espagnols à Bruxelles en 1963. Il s’est ensuite converti à l’islam, a épousé une Marocaine, a vécu près de Nador jusqu’en 2012 avant de fuir la police marocaine et de déménager à Mélillia. Il y sera finalement arrêté par la police espagnole en septembre 2014 dans le quartier La Canada de la petite enclave.
Mustapha Maya disposait d’un profil sur Facebook et il recrutait des combattants au Maroc, en Espagne, en France, en Belgique, en Tunisie, en Turquie et jusqu’en Indonésie pour les envoyer sur le Mali, la Libye, la Syrie et l’Irak.
L’un des objectifs de Daech est notamment de recruter de jeunes extrémistes en multipliant les coups d’éclats violents. Processus de recrutement et violences se nourrissent mutuellement.
Une multinationale
Sur Facebook et Skype, Mustapha Maya Amaya donnait des conseils pour l’acquisition d’armes à bon prix: «N’achète pas de Kalachnikov à Marseille, elles coûtent 1.000 euros, conseille-t-il à un jeune Français; achète-la en Egypte».
Les mêmes armes ont servi à l’exécution des attentats de Paris du 13 novembre dernier et ceux commis contre Charlie-Hebdo en janvier dernier. A Marseille, les Kalachnikov ont une origine «Balkans», celles d’Egypte proviennent plutôt des anciens stocks d’armements libyens.
Depuis son arrestation il y a plus d’un an, la police a analysé près de 25.000 échanges et conversations téléphoniques qu’il aurait eues avec des contacts extrémistes politiques.
Ces informations plus détaillées ont filtré au cours de l’exécution d’une commission rogatoire française cette semaine à Madrid. Mustapha Maya, selon des sources espagnoles, «est le premier détenu espagnol à admettre le recrutement l’envoi de jihadistes en Syrie et en Irak. Il l’a longtemps nié, maintenant il l’admet».
Parmi les déclarations du recruteur jihadiste espagnol figure le fait qu’il «n’appuie pas le jihad mais j’aide ceux qui veulent aller le faire». A la question de savoir combien de personnes il a envoyé en Syrie et en Irak, la réponse fuse: «plus de 200,» lance-t-il devant des juges espagnols et français ébahis, racontent des sources espagnoles.
Le FBI américain avait demandé aux autorités espagnoles pendant l’enquête sur le réseau Maya avant son arrestation en septembre 2014 l’autorisation d’infiltrer un agent. Madrid avait décliné la demande.