L’ouverture du capital inclura, à proportions différentes, les acteurs financiers dans le management et les impliquera directement dans le développement de la place financière. Cette ouverture permettra aussi de faciliter les démarches de réformes, qui doivent actuellement passer par le circuit législatif pour être adoptées. Ce qui encouragera la modernisation de la Bourse, qui devra s’inspirer des pratiques étrangères en matière de gouvernance.
Après plus de 7 ans de négociations, la composition du nouveau tour de table de la Bourse de Casablanca sera révélée le mercredi 25 novembre 2015 à l’occasion du mémorandum d’entente relatif à l’ouverture du capital.
Selon nos sources, la part la plus importante du capital reviendra aux banques avec 39% (10% chacune pour Attijariwafa Bank, BMCE et la Banque Centrale Populaire, et 3% chacune pour les 3 filiales de banques françaises BMCI, SG et Crédit du Maroc).
L’Etat participera à hauteur de 20%, pendant que les huit sociétés de bourse indépendantes se partageront également 20% (soit 2,5% chacune).
Les sociétés d’assurance ne détiendront quant à elles que 11% du capital.

La Caisse de dépôt et de Gestion ainsi que Casablanca Finance City auront chacune 5%.
Ce dossier traîne depuis 2008, à cause de points de divergence entre les différents opérateurs concernés. A l’origine des désaccords, la répartition des réserves cumulées depuis 1995, et estimées à plus de 600 MDH.
En effet, le scénario d’une répartition égalitaire de ces réserves est rejeté, depuis le début des négociations, par les sociétés de bourse qui estiment que celles-ci représentent "le fruit de 20 ans de travail et d’investissement", et qu’elles devraient légitimement leur revenir.
Rappelons que c’est Salaheddine Mezouar, pendant son ancien mandat de ministre des Finances, qui avait mis cette proposition sur la table en 2008.
Depuis, plusieurs scénarios ont été proposés mais pas aboutis, dont la renationalisation partielle de la Bourse, par la participation de l’Etat au capital. Il a aussi été question d’accorder la prédominance aux banques, acteur majeur du système financier, en leur consacrant la part la plus importante du capital de la bourse.
Enfin, c’est la révélation de la part dévolue des investisseurs institutionnels qui est attendue.
Le dossier des pronostics sera donc enfin clos, à l’occasion de la signature du mémorandum, permettant ainsi au nouveau management de la Bourse de Casablanca, d’élaborer un plan d’action plus en accord avec les attentes actuelles du marché.