L'Allemagne a enregistré en novembre 206.101 demandeurs d'asile supplémentaires, un nouveau record pour le pays, qui a comptabilisé depuis le début de l'année 964.574 migrants, a annoncé, lundi 7 décembre, le ministère de l'Intérieur.

Les arrivées ont donc encore nettement progressé depuis le mois dernier (181.166 migrants enregistrés en octobre) et l'Allemagne devrait donc dépasser le million de demandeurs d'asile d'ici à la fin de l'année.

Ces données du ministère proviennent du système Easy, qui comptabilise les migrants arrivant dans le pays et prévoyant de demander l'asile, mais ne l'ayant pas encore fait.

Elles ne précisaient pas les nationalités des migrants. Mais lors des précédentes statistiques, Syriens et Afghans en formaient le contingent le plus important (respectivement 88.640 et 31.000 en octobre).

Dans son communiqué, le ministère précise la durée moyenne de traitement des procédures d'asile, qui vont de 2,9 mois pour les ressortissants du Kosovo à 14,9 mois pour les Pakistanais. En moyenne, les demandes déposées par les Syriens sont traitées en 3,4 mois.

"La réduction significative de la durée des procédures" résulte du fait que l'Office central des réfugiés (BAMF) "donne la priorité" aux demandes émanant des pays considérés comme sûrs, comme les pays des Balkans – dont les ressortissants n'ont aucune chance de se voir accorder l'asile -, et des pays considérés comme dangereux, à l'image de la Syrie, explique le ministère.

La semaine dernière, l'ONU a cependant annoncé que le nombre de migrants arrivés en Europe via la Méditerranée avait chuté de plus d'un tiers en novembre sur un mois, pointant les conditions climatiques et la lutte contre les passeurs en Turquie. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), 140.000 migrants ont traversé la Méditerranée en novembre, soit 36,5% de moins qu'en octobre.

L'Allemagne, premier pays d'accueil en Europe, n'a cessé de souligner par la voix de sa chancelière Angela Merkel que les pays de l'UE, très réticents à accueillir toujours plus de migrants, avaient un devoir moral envers les réfugiés fuyant la guerre ou la répression.

Mais Berlin a durci par petites touches le traitement des dossiers des nouveaux arrivants pour tenter de réduire l'afflux. La politique de la porte ouverte de Mme Merkel est de plus en plus critiquée, particulièrement dans son propre camp.

(Avec AFP)