90% des Néerlandais originaires du Maroc ou de Turquie disent "qu’ils ne comprennent pas pourquoi les gens quittent les Pays-Bas afin de combattre pour Da'ech, ni pourquoi ceux-ci sont prêts à faire usage de la violence pour atteindre des objectifs religieux", selon une étude réalisée par le Bureau gouvernemental de politique sociale et reprise dans la presse néerlandaise le 16 décembre (Dutch News).
Intitulée "Perspectives sur la violence religieuse sous Da'ech par les Néerlandais turcs et marocains" et menée auprès de 3.300 Néerlandais d’origines turque et marocaine, la recherche révèle que seul un jeune turco-néerlandais sur sept affirme pouvoir comprendre en partie pourquoi les gens commettent des actes de violence "religieuse". Quant aux jeunes d’origine marocaine, seul un sur neuf fait le même constat.
Le rapport souligne également que près de la moitié des participants, en particulier les jeunes, se sentent aliénés par la société. Ces jeunes ont "l’impression d’être perçus comme des immigrés ou des musulmans, plutôt que comme des individus". Ils ont tendance à "se méfier des médias, de la police et des politiciens" et "n’ont pas de sentiment d’appartenance" à la société.
L'analyse a été commanditée par le ministre des Affaires sociales, suite à la publication d’un rapport controversé selon lequel 80% des jeunes turco-néerlandais ne condamnent pas la violence jihadiste. La légitimité de cette étude a rapidement été remise en cause, notamment à cause du choix "très sélectif" des sujets de la recherche.