Le conseil communal de la ville ocre organise du 18 au 20 décembre un anniversaire culturel, scientifique et artistique dans plusieurs lieux historiques de la ville.
L'ouverture de l’événement qui se déroulait à la médersa Ben Youssef, joyau architectural amazigho-arabo-andalou a été l’occasion de faire le point sur les acquis de cette reconnaissance patrimoniale internationale en présence de plusieurs ministres, des autorités de la ville et du représentant de l'UNESCO au Maroc.
Interrogé par Médias 24, Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture s’est félicité de la reconnaissance par l’Unesco de la valeur historique, culturelle et architecturale de la ville.
«Après Fès en 1981, Marrakech a été la 2e ville marocaine à être inscrite en 1985 au patrimoine mondial de l’humanité.
«L’esprit unique de la ville a permis quelques années plus tard à la place Jemaa El Fna d’être à son tour reconnue au titre de patrimoine oral et immatériel de l’Unesco».
A la question de savoir quelles étaient les retombées concrètes pour la ville, le ministre affirme que ces reconnaissances mondiales ont permis de développer le tourisme de la ville.
«Je pense que cela a poussé les autorités de l’Etat et de la ville à restaurer, renforcer et promouvoir les nombreux sites historiques de la capitale du sud. Nous avons dû réhabiliter une bonne partie de ses monuments car l’inscription n’est pas définitive vu qu’elle est soumise à un cahier des charges strict et contraignant. Il y a eu un plan de gestion de plusieurs monuments comme les palais Badii et Bahia ainsi que les tombeaux saâdiens».
Pour Amine Sbihi, cette inscription a été une vraie plus-value à l’international pour la ville qui l’a obligée à se développer et valoriser ses atouts.
"Cela nous a notamment permis de positionner Marrakech dans le circuit mondial du tourisme culturel et je reste persuadé que si la ville est devenue la plus grande destination et la locomotive touristique du Maroc, elle le doit au label de l’Unesco".
Sept médinas de villes marocaines sont inscrites au patrimoine mondial de l’humanité par l’organisme international: Fès, Marrakech, Meknès, Tétouan, El Jadida, Essaouira et Rabat.
Les maires et représentants communaux de ces villes inscrites ont d’ailleurs signé un document commun les engageant à une collaboration financière pour valoriser leurs monuments.
D’après M. Sbihi, cette commémoration se veut un message national, mais surtout international, avec des valeurs de coexistence, de dialogue des cultures à un moment où le monde vit des crises et où les amalgames impactent plusieurs secteurs d’activité, comme le tourisme.
«Au moment où nous fêtons cet anniversaire de manière festive et académique et prenons davantage d’engagements pour protéger notre patrimoine historique, dans d’autres contrées, le terrorisme est là pour détruire tout ce qu’a apporté l’humanité depuis des millénaires».
La commémoration prendra fin dimanche 20 décembre après la tenue d’ateliers, de cérémonies traditionnelles et de conférences sur le patrimoine matériel et immatériel animés par des experts marocains et étrangers.