Edité en mai 2015, "Route des Zaërs" en est déjà à sa deuxième édition. Retour sur un roman impressionnant de réalisme et de finesse d’analyse politique.

Un style simple mais riche

En bon président de l’ESJ Paris, l’auteur nous gratifie d’un style journalistique, se bornant à rapporter des faits sans effets superflus et en se permettant à l’occasion de jouer avec les mots et les situations.

Mais son œuvre a également tout du roman. On relève énormément de descriptions concernant les personnages, les endroits ainsi que la balistique et l’aéronautique et une narration découpée. En effet, le texte est ciselé par des lieux et des dates très précises, afin d’être mieux quadrillé. Le récit voyage autant que James Bond.

Un univers réel avec des analyses politiques

La comparaison avec le célèbre espion anglais peut sembler être une boutade, car la façon d’évoquer les services secrets est bien plus subtile et crédible que dans la saga britannique.

De plus, ici, l’espionnage est effectué par des diplomates ou des personnes haut-placées.

Ce qui agrémente le tout, sont ces analyses aussi fines que justes que nous livre Guillaume Jobin. Celui qui vit  entre Rabat et Paris, n’est pas tendre avec son pays, mais lorsqu’il affirme que la politique arabe de la France depuis la fin du dernier mandat de Jacques Chirac est défunte et également que Sarkozy et Hollande ont eu le même objectif d’américanisation de l’Hexagone, il a entièrement raison.

Il dénonce l’éternelle hypocrisie occidentale et son double jeu dans cette phrase cinglante "à chacun un peu (ndlr: d’informations), mais pas trop".

Enfin, la connaissance de l’Histoire, plus innée que recherchée, est fortement appréciable et constitue le sel de cet ouvrage.

Route des Zaërs, Editeur de Talents, 100 DH.