Selon Steffen Seibert, porte-parole de la chancellerie à Berlin, “Nous avons un accord de rapatriement. Cela signifie que tout cela est clair sur le papier. Mais dans la pratique, il reste des cas problématiques. C’est un sujet de discussion que nous avons avec ces pays“, a-t-il ajouté. Le Maroc et l’Algérie sont actuellement fortement concernés par ce dossier.
Le Maroc est concerné par 2.896 cas et l’Algérie par 2.296. A titre de comparaison, le nombre de candidats à l’asile en Allemagne était de 368 Marocains et de 847 Algériens en juin 2015. Cette situation concerne également de nombreux ressortissants tunisiens.
Via Nador et la Turquie
De nombreux Marocains candidats à l’émigration ont profité durant cet été de la vague de migration de Syriens et d’Irakiens vers l’Europe et l’Allemagne en particulier pour se fondre dans la masse. De nombreux Marocains originaires de Nador et du Rif ont notamment choisi ce chemin d’émigration, en transitant par la Turquie.
Le durcissement allemand est également intervenu après les violences envers les femmes intervenues dans plusieurs villes allemandes durant la soirée du 31 décembre. La police allemande a indiqué que plusieurs Marocains et Algériens ont été interpellés pour ces faits de violences et de harcèlement sexuels. Sur 19 suspects identifiés, 14 sont soit Marocains soit Algériens.
“Tous les étrangers qui, après le processus juridique, n’auront pas de droit de résidence en Allemagne devront quitter le pays“, a ajouté le porte-parole Steffen Seibert.
Berlin souhaite que Rabat collabore dans ce processus notamment pour permettre à l’Allemagne de consacrer un maximum de ressources aux réfugiés syriens et irakiens. L’Allemagne a accueilli 1,1 million de migrants en 2015. Berlin et les Européens considèrent que seuls les Syriens, les Irakiens et les Afghans originaires de pays en guerre ont droit à l’asile sur le Vieux continent.
A Berlin, les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur s’apprêtent à saisir leurs homologues marocains pour les amener à accepter leurs ressortissants expulsés, alors que la chancelière Merkel est de plus en plus critiquée dans son pays pour ses choix en matière d’accueil des migrants.
Le sujet a déjà été abordé à Berlin cette semaine par Angela Merkel, qui recevait le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal. A Tunis, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a mis en avant “la nécessité de détecter les migrants qui détruisent leurs papiers et veulent se faire passer pour des Tunisiens“.
Pour les Allemands, le problème aujourd’hui est de détecter les Marocains ou Algériens qui une fois arrivés en Allemagne par les filières turques et grecques, essaient de se faire passer pour des Syriens ou des Irakiens pour bénéficier du droit d’asile en Allemagne.