Dans un rapport publié mardi, le mouvement évalue les engagements des différents partis qui forment la coalition gouvernementale.
Vous l'aurez deviné, le rapport dresse un bilan très négatif des années d'exercice du gouvernement. Et pour cause, les résultats sont selon Anfass, maigres par rapport aux promesses des partis représentés au sein du gouvernement.
En ce qui concerne la création d'emplois, le mouvement note que le taux de chômage en 2010 avoisinait les 10 %. A la fin de l'année 2015, ce taux est resté inchangé.
Pourtant, les deux principales formations politiques représentées dans le gouvernement (PJD et Istiqlal pour la période 2012-2013) s’étaient engagées à réduire le taux de chômage à 8% à la fin de leur mandat.
Il en est de même concernant le taux de pauvreté estimé en 2010 à 8,8 %. Le phénomène s'est aggravé durant le mandat du gouvernement, puisqu'il atteint 11% à la fin de l'année 2015, selon Anfass.
Se basant sur des projections, le rapport estime que le taux de pauvreté ne baissera pas en 2016. Ce sont des chiffres très éloignés de l'objectif initial, qui visait à réduire de moitié le taux de pauvreté à la fin du mandat gouvernemental. C'étaient en tout cas la promesse du PJD.
S'agissant des dépenses de santé, pour chaque 100 dirhams dépensés, les ménages participaient à hauteur de 53,6 dirhams en 2011. Les partis se sont engagés, durant la période électorale, à réduire la proportion supportée par les ménages à 20 ou 25% de la facture globale (c'est le cas du RNI, du PPS et de l'Istiqlal). Mais force est de constater que la participation initiale dans les dépenses de santé des ménages n'a pratiquement pas changé. Notons à ce propos que le gouvernement a présenté récemment un projet de quasi-généralisation de la couverture santé.
On remarque également une stagnation dans le classement mondial de l'indice de développement humain. En effet, d'après les chiffres de l'année 2010, le Maroc occupait la 130e place. Cinq ans plus tard, le Maroc a à peine amélioré sa position de 4 places dans ce classement, occupant ainsi la 126e place au niveau mondial. Cette maigre maigre réalisation i ne concorde pas avec les promesses électorales du PJD, qui s'est engagé, lors des dernières élections législatives, à hisser le Royaume parmi les 90 meilleurs pays dans le monde en matière de développement humain.
La lutte contre l'analphabétisme faisait partie des sujets majeurs abordés dans les programmes des différents partis. Le PJD promettait de réduire ce taux à 20%, le PPS à 15% et l'Istiqlal à 20%. Une fois formé, le gouvernement à défini comme objectif la réduction du taux d'analphabétisme à 20%. A fin 2015, ce taux stagnait à 32%, s'améliorant d'à peine 8 points de pourcentage depuis le début du mandat gouvernemental.
Les performances macroéconomiques sont également pointées du doigt. En effet, le déficit budgétaire de 5,5% en 2010/2011, devait être ramené à 3 % à la fin du mandat gouvernemental. Même si des efforts ont été constatés à ce niveau, l'indicateur reste très élevé par rapport aux aspirations des partis en période électorale. A fin 2015, le déficit budgétaire atteint 4,3%.
La croissance est également en berne. En 2011, le Maroc réalisait un taux de croissance de 5 %. Aujourd'hui, il peine à dépasser les 4% et les projections ne sont pas optimistes pour l'année en cours.
Le mouvement Anfass rappelle que le taux de croissance devrait se situer, en 2016, aux alentours de 2,6%, sachant que le HCP l’évalue à 1,3%. Rien à voir avec les promesses pré-électorales du PJD, qui s'était donné pour mission de booster la croissance à 7% avant les élections législatives de 2016.
Le rapport note, en guise de conclusion, que "la coalition gouvernementale a échoué dans l’atteinte des objectifs qu’elle s’est assignée en début de législature et que "les promesses électorales n’ont pas été atteintes."