Dans un communiqué en date du 25 janvier, le Centre marocain de conjoncture annonce la parution de son bulletin thématique intitulé "Investissement et croissance".
Voici les principaux points de ce bulletin, subdivisé en catégories:
-La première de celles-ci fait référence au cadre institutionnel "de l’encouragement de l’investissement": ainsi, depuis les années 90, d’après le centre, la privatisation, le désengagement progressif de l’Etat des activités économiques et l’ouverture à l’international sont à l’œuvre. Sur les plans institutionnel, juridique, économique et financier, "les pouvoirs publics ont déployé des efforts importants".
-En ce qui concerne le concept de partenariat public-privé, il permet, peut-on lire dans le communiqué, de limiter les risques et d’améliorer la gouvernance. "De plus, un gain substantiel peut être obtenu dans la mobilisation des investissements lourds, tels les aéroports, les lignes ferroviaires ou encore les infrastructures énergétiques."
-Au niveau de l’investissement sectoriel, le centre déplore "des stratégies compartimentées et une absence de vision fédératrice", faisant remarquer que le Maroc "ne semble pas ressentir le besoin de poser un cadre de raccordement pour conduire les transformations de modes et de style, de manière harmonieuse vers les objectifs de développement durable", ce qui ne facilite "guère le pilotage adéquat des dynamiques sectorielles".
-Le caractère stable et attractif du Maroc permet de drainer des investissements directs étrangers. Par ailleurs, "la présence de l’unité de production Renault a favorisé l’implantation de nombreux équipementiers", ce qui a "boosté certaines branches, particulièrement celles de l’aéronautique et de la pharmacie".
-Relativement à l’amélioration du climat des affaires au Maroc, "des procédures législatives et réglementaires peu nombreuses et efficaces participent à un développement économique durable". En revanche, "des procédures complexes et de lourdes exigences réglementaires de conformité entravent le développement du secteur privé et la croissance des entreprises et dévient des ressources qui pourraient être allouées à l’appareil productif".
-Affirmant que lutter contre la corruption est essentiel pour assurer la stabilité économique, le centre regrette que certains projets soient "entièrement motivés par la corruption", déclarant qu’on "assiste alors à la réalisation de projets sans aucune utilité pour la communauté". Le projet est parfois "tellement mal conçu en raison de la corruption qu’il met aussi en danger la vie de la communauté censée en bénéficier".
-Concernant l’accès au financement, il ressort que le gouvernement tente depuis plusieurs années "de diversifier l’économieet d’accroître le rôle du secteur privé, notamment à travers le développement du secteur financier et l’accès au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises".
-La nouvelle stratégie numérique à l’horizon 2020 n’est "toujours pas adoptée", alors qu’investir dans le numérique est "porteur d’externalités positives", ce qui explique que "les pouvoirs publics adoptent souvent des politiques publiques centrées sur la promotion de l’économie numérique et notamment le haut débit".
-Plusieurs scénarios de formation de capital à l’horizon 2020 sont décrits: "Dans le cas du scénario de faible croissance avec un effort d’investissement réduit, la création de capacité à l’horizon 2020 devrait se limiter à 323 milliards de DH, en hausse d’à peine 1,4 % par rapport à l’année de base. Pour le scénario tendanciel qui maintient l’effort d’accumulation à son niveau actuel, l’investissement global devrait atteindre 356 milliards de DH à l’horizon 2020, en hausse de 3 % par an sur la période de projection. L’intensification de l’effort d’accumulation conjugué à l’amélioration de l’efficacité des investissements retenus dans le scénario alternatif de forte croissance conduirait à un volume d’investissement de 428 milliards de DH à l’horizon de la projection, en hausse de 6,2 % par an. Les projections par secteur d’activité basées sur l’évolution des besoins font ressortir des résultats comparables à ceux de l’approche globale."
-Enfin, pour ce qui touche au capital immatériel, il s’agit d’une "richesse qui reste à déchifrer". Les indicateurs proposés sont considérés bien souvent comme restrictifs, trop quantitatifs ou encore non adaptés aux spécificités territoriales. Inclure une approche de genre et introduire des caractéristiques sociodémographiques sont des pistes parmi d'autres à explorer.