Une majorité de think tanks se trouvent toujours aux Etats-Unis et en Europe, mais les pays émergents et l’Asie mettent de plus en plus la matière grise au service de la décision politique. Les évolutions technologiques aidant, l’information est mieux récoltée et mieux diffusée aussi. 

Référence internationale en la matière, le rapport 2015 de l’Université de Pennsylvanie (Pen U) donne les exemples du Hindu Centre for politics and public policy, de la Brookings institution, de l’American Entreprise Institute ou d’Amnesty International, pour illustrer comment l’information une fois collectée sous forme d’essais, de livres, de livrets ou de vidéos est diffusée.

L’efficacité d’Amnesty international est très révélatrice à cet égard, ainsi que l’évolution dans les méthodes de la Brookings par exemple. Cette dernière est d’ailleurs classée numéro 1 mondial. Paradoxalement, ses méthodes de travail ne semblent pas d’une grande complexité. Mais derrière le site web, la qualité des conférences en live streaming ou les essais publiés, on sent la rigueur, la persévérance et la méthode. Ce n’est pas seulement une question d’argent.

Dans tous les cas de figure, le leadership, la collecte ciblée de financements, une mission stratégique claire, la collaboration avec son environnement et la circulation interne de l’information sont les clés pour durer et se développer, souligne le rapport de Penn U.

Progrès, idées et libertés

Là où l’on trouve plus de 1.835 think tanks aux Etats-Unis, 435 en Chine, 288 en Grande-Bretagne et 280 en Inde, les chiffres de la région MENA restent encore modestes: 15 au Maroc, 9 en Algérie, 35 en Egypte, 53 en Israël, 4 en Arabie saoudite, 28 en Palestine et 59 en Iran. Matière grise, valorisation du travail intellectuel, liberté d’expression et moyens économiques et financiers semblent liés en un tout.

Le rapport 2015 de l’Université de Pennsylvanie classe les think tanks du monde par région, mais également par activité: politique internationale, défense et sécurité nationale, développement international, environnement ou santé. Les think tanks sont également évalués sur la qualité d’organisation de leurs conférences et la qualité de leurs réseaux.

Dans le top 100 mondial on trouve des Américains et des Européens, mais également des Egyptiens, des Israéliens, des Indonésiens, des Indiens, des Coréens, des Kényans, des Ghanéens, des Chinois et des Sud-Africains.

Sur les 74 think tanks classés dans la région MENA, le Carnégie libanais arrive en tête. Pour les think tanks marocains, le Centre d’études et de recherches en sciences sociales (CERSS) se distingue avec une 11e place, suivi par l’OCP Policy center qui fait une jolie percée à la 16e place, grâce au développement de ses partenariats internes et internationaux et à ses travaux de recherche. L’Institut royal pour les études stratégiques (Ires) arrive 21e et l’Institut Amadeus est classé 36e.

L’OCP Policy center figure également parmi dans le Top 50 mondial des think tanks spécialisés en énergie et ressources naturelles.