Les sept individus interpellés sont Marocains, Syriens, Jordaniens et Espagnols d’origine marocaine. Le groupe était spécialisé dans la logistique pour Daech et Jabhat al Nosra, selon un communiqué du ministère espagnol de l’Intérieur.

Disposant d’une entreprise créée et enregistrée en bonne et due forme, «le groupe envoyait des aides humanitaires, mais aussi du matériel militaire, de l’argent, des équipements électroniques et de transmission et du matériel pour la fabrication d’explosifs» indiquent les autorités espagnoles. Toutes les personnes interpellées ont été transférés à Madrid.

Femmes et mineurs marocains

Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, cette filière était sous enquête depuis 2014. Pour Madrid, «la pression à laquelle sont soumis les groupes combattants en Syie et en Irak les oblige à rechercher des approvisionnements à l’extérieur». Ceux-ci partaient de ports espagnols, a précisé le ministre Jorge Fernandez Diaz.

La cellule démantelée à Sebta et Valence était également chargée de recruter des femmes pour rejoindre les combattants de Daech. Ce recrutement se faisait en Espagne et au Maroc.

Cette nouvelle affaire intervient alors qu’en décembre dernier, la police de Sebta avait interpellé un salafiste chargé de recruter des mineurs espagnols et marocains pour aller combattre en Syrie et en Irak. Plusieurs dizaines de mineurs espagnols, marocains ou apatrides vivent dans la zone frontalière et près des entrepôts commerciaux.

Depuis début 2015, le nombre de personnes interpellées en Espagne en rapport avec des activités terroristes se montent désormais à 82, dont 65% sont originaires de Sebta et Mélilia.

En 2015, les services de sécurité marocains et espagnols ont mené une demi-douzaine d’opérations ayant abouti à l’arrestation de suspects espagnols, marocains ou d’autres nationalités, comme cela a été le cas ce dimanche 7 février. En août 2014, neuf personnes avaient été arrêtées à Tétouan sur information des services espagnols. Radicaux de Sebta, Fnideq et Tétouan, de Mélilia et de Nador communiquent amplement.

Avec leurs points de passage poreux, la pratique d’un islam rigoureux et beaucoup de chômage des jeunes, Sebta et Mélilia constituent des bases de recrutement pour les opérations des jihadistes. Les deux enclaves sont également voisines de régions marocaines où les trafics en tous genres prospèrent, obligeant également les services de sécurité à se démultiplier.