Des avions de combat américains ont mené vendredi 19 février un raid contre un camp d'entraînement du groupe Daech en Libye, qui a fait plus de 40 morts, dont "probablement" un chef de l'organisation jihadiste.
C'est la deuxième fois en trois mois que les Etats-Unis mènent des frappes ciblées contre Daech en Libye, plongée dans le chaos depuis 2011.
Le 13 novembre, un bombardement mené par des F-15 avait tué l'Irakien Abou Nabil, présenté alors par Washington comme "le plus haut responsable de l'EI en Libye".
Le raid aérien, "très précis", a visé vendredi à l'aube un bâtiment de deux étages abritant des jihadistes à Sabrata, à 70 km à l'ouest de Tripoli, ont indiqué les responsables libyens. 41 personnes ont été tuées et six blessées, selon un communiqué du conseil municipal de Sabrata. La majorité d'entre elles sont des Tunisiens, nombreux à avoir rejoint les rangs de Daech en Libye voisine.
A Washington, un responsable militaire américain a affirmé que le raid avait "probablement provoqué la mort du cadre opérationnel de l'EI, Noureddine Chouchane". Ce Tunisien est soupçonné d'être derrière les deux attentats ayant meurtri la Tunisie l'an dernier: contre le musée du Bardo à Tunis en mars (22 morts) et contre un hôtel près de Sousse, en juillet (38 morts).
"Les yeux bandés"
"La maison était louée par des étrangers, dont des Tunisiens, probablement membres de Daech. Des armes, dont des fusils et des roquettes RPG, ont été trouvées sous les décombres" de la maison, qui a été entièrement détruite, a précisé la municipalité.
Selon son chef, Hussein al-Dawadi, l'un des blessés interrogés par les forces de sécurité "a raconté être venu (dans le camp) avec d'autres personnes pour s'entraîner au combat et que le groupe qui les avait emmenés là leur avait bandé les yeux pendant tout le trajet".
Des photos diffusées par le conseil municipal de Sabrata et présentées comme celles de la maison visée montrent des décombres avec des matelas et des couvertures éparpillés, un morceau de métal avec l'inscription "Etat islamique" et des voitures endommagées. D'autres photos montrent des blessés à l'hôpital.
Les autorités tunisiennes avaient affirmé que les jihadistes auteurs d'attaques en Tunisie s'étaient entraînés dans des camps à Sabrata.
C'est la première fois qu'un tel raid aérien vise la ville de Sabrata, contrôlée par la coalition des milices de Fajr Libya, qui s'est emparée en août 2014 de Tripoli et de plusieurs autres régions, poussant les autorités reconnues internationalement à s'exiler dans l'Est.
(Avec AFP)