Une grande confusion régnait dans les milieux d'affaires algériens ce mercredi, suite à des informations de nombreuses sources faisant état d'une suspension unilatérale des accords de franchise douanière avec l'UE et avec les pays arabes.
Cependant, une source diplomatique citée par TSA Algérie affirmait dans l'après midi qu'il s'agissait d'une interprétation erronée d'une circulaire qui ne concernait que quelques produits.
Un télégramme reproduit par la presse algérienne ce mercredi matin et signé du patron des douanes algériennes M. H. Houri indique que suite aux instructions du premier Ministre Abdelmalek Sellal, «l’ensemble des franchises délivrées sont caduques à compter du 1er janvier». Cela signifie que les importations censées se faire en franchise, paieront désormais des droits de douane, autant de recettes pour le Trésor public.
Cette décision a donc un effet rétroactif et devrait davantage concerner les échanges entre l’Algérie et la France, l’Italie et l’Espagne que les très faibles échanges algériens avec d’autres pays arabes. Aucune date de fin de cette suspension n’a été communiquée et aucune reprise des prix du pétrole n’est attendue avant l’année prochaine.
Austérité
Dès novembre dernier, le chef du gouvernement algérien Abdelamalek Sellal demandait aux ministères et aux administrations publiques de réduire de 4% leurs dépenses de fonctionnement pour 2016 et de … 90% leurs factures de téléphone et d’achat de fournitures.
Selon un courrier reçu par le site www.maghrebemergent.com ce mercredi 24 février et signé par un commissionnaire en douanes algérois, cette caducité des franchises ne concerne pas tous les produits importés, mais seulement ceux soumis à des taux de douane de 15 et 20%. Les produits importés taxés à 30% ne sont pas concernés.
Cette mesure semble répondre à d’importants soucis financiers algériens. La chute du prix du baril de pétrole depuis une année a fortement réduit les réserves en devises du pays.
Maintenue à flots à coup de subventions permises par un baril à 80, 100 ou 120 dollars l’unité, cette politique n’est plus possible depuis l’automne dernier, alors que la moitié des 40 millions d’Algériens ont moins de 20 ans.
L’annonce de ces restrictions des importations pour cause de réserves de devises déclinantes, a coïncidé ce mercredi avec la publication d’un dossier sur «Pourquoi l’Algérie fait peur à l’Europe» à la une du Figaro.
«L'effondrement des cours du pétrole ébranle les fondements de l'économie, du pouvoir et de la société, faisant craindre une déstabilisation profonde du pays et une vague de départs», poursuit le quotidien du groupe Dassault.
Sur les colonnes du Figaro, Boualem Sensal parle d’un possible scénario à la syrienne pour l’Algérie, tandis que le patron du quotidien Le Matin, Mohamed Benchicou, craint «une faillite qui engendrerait le chaos et pousserait les Algériens à fuir vers l'Europe».
Enfin, signe que la situation sociale algérienne est suivie de près par les autorités algériennes et les observateurs, les services du président Bouteflika ont communiqué cette même après-midi que «l'Algérie fera face aux retombées de la chute des prix du brut par une politique judicieuse et rigoureuse».