Le secrétaire général du Parti socialiste espagnol, Pedro Sanchez, tente cette semaine d'obtenir la confiance du Parlement pour former un gouvernement, un pari presque impossible, du moins sans l'aide de Podemos, qui semble pour l'instant exclue.

Le parti de Pedro Sanchez, un économiste de 44 ans, est seulement arrivé deuxième aux élections générales du 20 décembre. Mais il est le seul candidat.

Sa candidature est la conséquence d'une situation sans précédent depuis que l'Espagne a retrouvé, après la mort de Franco, un régime démocratique marqué par l'alternance du Parti populaire (droite) et du Parti socialiste.

Lors des élections du 20 décembre les deux grands partis ont en effet dû faire de la place à deux nouveaux: Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (centre libéral). Ces deux formations dénoncent la corruption qui a rongé l'establishment à tous les niveaux, alors que les Espagnols traversaient la pire crise depuis des décennies.

Mais la vitalité de la démocratie, avec 211 nouveaux députés sur 350, la plus âgée d'entre eux ayant 66 ans, n'a pu éviter un blocage: le PP, au pouvoir depuis 2011, l'a emporté avec seulement 123 députés (28,7% des suffrages), pas assez pour gouverner seul et sans alliés.

Faute de soutiens, son président Mariano Rajoy, chef du gouvernement sortant, a renoncé.

Le roi Felipe VI a confié la tâche à Pedro Sanchez, dont le parti est arrivé deuxième, mais en obtenant le pire résultat de son histoire, avec 90 sièges (22%).

Depuis des semaines, des élus de son parti estiment en privé que sa tentative est vouée à l'échec. Pour obtenir l'investiture, il a aussi besoin de soutiens, dont il ne jouissait pas lundi, avant le démarrage du débat consacré à l'investiture, prévu ce mardi 1er mars après-midi.

Mariano Rajoy a promis que les élus du PP voteraient contre lui.

Le Parti socialiste a donc passé un accord avec les centristes de Ciudadanos. Ils se sont accordés sur la défense de l'unité de l'Espagne face au séparatisme catalan et notamment en matière de lutte contre la corruption. Mais ses 90 élus soutenus par les 40 de Ciudadanos ne lui suffisent pas pour être investi.

Et Podemos ne semble pas prêt à l'aider, accusant Pedro Sanchez d'avoir donné aux libéraux le maintien de la flexibilité en matière d'emploi introduite par la droite, qui a drastiquement réduit les droits des salariés.

(Avec AFP)