Le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé, jeudi 3 mars, les migrants économiques à ne pas venir en Europe et prôné de nouvelles mesures pour ralentir un flot migratoire "encore beaucoup trop élevé", à quatre jours d'un sommet crucial avec la Turquie.

Lors d'une visite en Grèce, en première ligne de la pire crise migratoire de l'histoire européenne, M. Tusk a tenté de décourager les migrants économiques. "Ne venez pas en Europe. Ne croyez pas les passeurs. Ne risquez pas vos vies et votre argent. Tout cela ne servira à rien", a lancé M. Tusk à Athènes. "Ni la Grèce, ni aucun autre pays européen ne pourront continuer à être des pays de transit", a-t-il prévenu, "les réglementations de Schengen seront à nouveau appliquées".

Mercredi, en Slovénie, M. Tusk avait estimé qu'un retour aux dispositions de la zone Schengen, incluant des contrôles rigoureux à ses frontières extérieures, était une condition "préalable" à une solution à la crise des migrants.

Dans l'après-midi, M. Tusk a profité d'un entretien avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu pour rappeler que le flot des migrants restait "encore beaucoup trop élevé". "D'autres mesures sont nécessaires" pour enrayer ce flux, a jugé le responsable européen, suggérant la mise en place d'un "mécanisme rapide et à grande échelle, destiné à renvoyer les migrants irréguliers qui arrivent en Grèce".

La Turquie a fait savoir mercredi qu'elle était prête à signer avec quatorze pays un accord de réadmission sur son sol des migrants clandestins.

Elle a signé en novembre dernier avec l'UE un accord l'engageant à ralentir le flux des migrants, en échange d'une aide de 3 milliards d'euros et d'une accélération de sa procédure de candidature à l'Union européenne.

(Avec AFP)