L’étude de McKinsey global institute (MGI) révèle que si chaque pays du monde devait connaître la même progression vers l’égalité hommes-femmes que le pays le plus avancé de sa région en termes d’amélioration de la parité, l’augmentation de la croissance du PIB mondial pourrait atteindre 12.000 milliards de dollars en 2025, ce qui correspond actuellement à la somme des PIB, de l’Allemagne, du Japon et du Royaume-Uni.
A l’horizon 2025, deux scénarios pourraient consacrer cette avancée sociale.
Le premier, "Best-in-region" consiste pour les pays à s’aligner sur la nation-modèle de leur région en termes de parité, ce qui élèverait de 10% les projections actuelles du PIB de 46 des 95 pays analysés. Pour le reste, l’Inde et l’Amérique latine auraient le plus grand potentiel de croissance économique d’ici à 2025.
Le second, "Full-potential" dans lequel les femmes rempliraient un rôle équivalent à celui des hommes sur le marché du travail, laisse espérer une croissance de 28.000 milliards de dollars, soit un impact de 26% sur le PIB mondial en 2025, ce qui représente actuellement la taille des économies américaines et chinoises réunies.
Le rapport indique également que 40 des 95 pays analysés enregistrent des niveaux élevés à très élevés d’inégalités sur au moins la moitié des 15 indicateurs pris en compte pour la réalisation de l’étude.
Egalement, le Gender parity score (GPS) développé par le MGI, mesure la distance parcourue par chaque pays sur le chemin de la parité. Il établit un lien étroit entre l’égalité des sexes dans une société et les comportements et convictions quant au rôle des femmes dans le monde professionnel.
D’après Anu Madgavkar, collaborateur sénior du MGI, basé à Mumbai, quatre leviers pourraient accélérer la progression de la parité. Il s’agit du niveau d’éducation, de l’inclusion financière et digitale, de la protection légale et de la réduction du travail non rémunéré des femmes.
En attendant et pour l’heure, 75% du travail non rémunéré au niveau mondial est pris en charge par les femmes, y compris des tâches vitales, telles que la garde des enfants, la prise en charge des personnes âgées ou la cuisine, par exemple. Le manque est évalué à 10.000 milliards de dollars par an, soit un montant quasiment équivalent à 13% du PIB mondial.
Enfin, le MGI a analysé 75 types d’interventions possibles pour lutter contre les inégalités hommes-femmes et plus de 150 études de cas à travers le monde. Six types d’intervention sont nécessaires pour diminuer les inégalités: des incitations et du support financiers, le développement des technologies et des infrastructures comme les crèches abordables ou le transport sécurisé par exemple, la création d’opportunités économiques pour les femmes, la formation et la montée en compétence, le plaidoyer pour un changement des mentalités et l’adaptation des lois et de la régulation.