Le film "La vache", produit entre autres par Jamel Debbouze, qui figure également dans le casting, est une comédie sur les différences religieuses, culturelles et sociales.
Ce long-métrage raconte l'histoire de Fatah, petit paysan Algérien, complètement fou de sa vache, qu'il rêve d'emmener à Paris, au Salon de l'agriculture. Lorsqu'il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n'a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles.
L'occasion pour Fatah et Jacqueline d'aller de rencontres en surprises et de vivre une aventure humaine, faite de grands moments d'entraide et de fous rires.
Le personnage principal est interprété par Fatsah Bouyahmed. Ce dernier est également le co-dialoguiste et co-scénariste de ce long-métrage. L’humoriste s’est fait connaître dans le Jamel Comedy Club et a co-animé le Marrakech du rire en compagnie de son mentor, Jamel Debbouze.
La production franco-marocaine a nécessité un budget de 5,3 millions d’euros (58 millions de DH). Elle a enregistré 918.160 entrées entre le 17 février et le 15 mars.
Au festival d’Alpes d’Huez, la référence du cinéma comique français, "La vache" a récolté trois distinctions: le grand prix, le prix du public et le prix Michel Galabru d’interprétation, pour Fatsah Bouyahmed.
Un scénario plein de finesse et de messages
L’histoire réussit le tour de force d’allier drôlerie, poésie et profondeur, sans casser le rythme. Ce n’est certes pas le film le plus drôle du siècle, mais contrairement à beaucoup d’autres comédies françaises, il évite les quiproquos lourdingues et la démagogie.
Les dialogues sont souvent piquants et certaines répliques, cultes. La plus grande réussite de ce long-métrage est sans contexte les réflexions sur deux sociétés différentes, mais historiquement liées. Toujours avec humour. Jamais avec démagogie. Les préjugés sont soigneusement évités. Et une belle objectivité est constatée.
Une mise en scène guidée
La caméra du réalisateur Mohamed Hamidi se cale sur la personnalité de l’acteur principal Fatsah Bouyahmed, entre tendresse et douce folie, ainsi que sur le joli duo qu’il forme avec la vache. La mise en scène alterne donc bienveillance et mesquinerie. Avec simplicité et propreté.
Elle emprunte le chemin du road movie. C'est-à-dire qu’elle reste linéaire, sans le moindre effet de style, si ce n’est le décalage, employé ici et là.
Casting: une grande révélation et deux valeurs sûres
Fatsah Bouyahmed trouve enfin le rôle de sa carrière, même s’il faut admettre qu’il a été écrit avec et pour lui. Il est le principal, voire l’unique responsable des rires provoqués par ce film. On a pourtant le sentiment que son potentiel aurait pu être davantage exprimé.
Pourtant rompu à l’exercice depuis 20 ans désormais, Jamel Debbouze joue un rôle inhabituel de faire-valoir. Dans sa prestation, il s’est contenté de jouer de manière juste.
Figure du cinéma français depuis une trentaine d’années, Lambert Wilson est parfait dans la peau d’un comte désargenté et dépressif. Cependant, l’écriture de son personnage n’a pas pu permettre de confirmer toute l’étendue de son talent.
A signaler aussi, la présence parmi les seconds rôles des acteurs marocains: Abdallah Chakiri, Fehd Benchemsi et Amal Atrache.