Dans son premier rapport intitulé «le phénomène des combattants étrangers dans l’Union européenne»,  l’ICCT (International Center for Counter-Terrorism, en anglais) chiffre à plus de 30.000 le nombre de combattants étrangers en Syrie et en Irak, dont 3.922 à 4.294 en provenance de 26 pays membres de l’Union européenne sur un total de 28.

Belgique, France, Allemagne, Royaume-Uni en tête de liste

Selon l’ICCT, "une majorité de 2.838 combattants sont originaires de quatre pays: la Belgique, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni; la Belgique ayant le contingent le plus élevé rapporté à sa population".

Une moyenne de 30% de ces combattants étrangers sont retournés dans  leurs pays, soit un total compris entre 1.300 et 1.400 personnes. 14% sont estimés morts.

Selon le profil-type du combattant européen dans les rangs de Daech, 17% sont des femmes,  plus de 90% des combattants sont  originaires de grandes villes et de banlieues métropolitaines. Le rapport de l’ICCT qui se base sur les données transmises par 26 pays membres de l’UE– la Bulgarie et la Hongrie  ne sont pas comptés- confirme que les recrues de Daech viennent souvent de mêmes quartiers.

Pour l’ICCT,  la majorité des Etats-membres considèrent le phénomène des combattants étrangers comme présentant une menace sécuritaire pour leurs sociétés et recommandent des actions de prévention, de suivi systématique et de répression.

Il ne manque toutefois pas d’épingler  l’absence de définition commune du combattant étranger par les Etats-membres de l’UE, ce qui fait que la collecte d’informations peut elle-même être biaisée. "Les réponses aux questionnaires de l’ICCT montrent que chaque Etat-membre a développé sa propre approche nationale du terrorisme, du combattant étranger et de la radicalisation» notent les rédacteurs du rapport. L’ICCT appelle à une plus grande coordination entre les capitales  européennes, à une unification des méthodes et  à la mise en place de «mesures sécuritaires, législatives et préventives», soulignant que «la prévention peut se révéler plus efficace au niveau local".

Un précis de propagande et de… contre-propagande

La deuxième étude de l’ICCT porte sur "La stratégie de propagande globale de l’Etat islamique", ses méthodes et ses objectifs. Ses auteurs, les consultants de Valens Global, y analysent  le modèle de croissance de l’Organisation de l’Etat islamique, étroitement lié à sa stratégie de propagande politique et de recrutement. 

Ces objectifs d’expansion et de recrutement sont étroitement liés à la stratégie de propagande de l’OEI. Le rapport identifie neuf thèmes-clés :

 1. Un message de vainqueur: il consiste à projeter une image de force et à cacher ses faiblesses ;

 2. Discréditer la concurrence: il s’agit de saper la légitimité d’Al Qaida ou des talibans ;

3. Délégitimer les islamistes politiques : en les accusant de délivrer un message «déviant» ;

4. Semer la discorde dans les rangs ennemis : propager de fausses informations pour mettre en lumière, exacerber et créer des divisions dans les rangs des groupes rivaux. 

5. Exploiter les tensions communautaires: attiser les conflits entre sunnites et chiites, souvent pour amener les sunnites à rechercher la protection de l’OEI ;

6. L’utopie islamique du califat:  présenter le califat comme un Etat pieux, harmonieux et prospère ;   

7.  L’aventure et la camaraderie jihadistes: glorifier le jihadisme comme une expérience de fraternité ;

 8. Attiser les tensions entre les musulmans et les sociétés occidentales dans lesquelles ils vivent, afin de pousser ces mêmes musulmans à supporter le califat ;

9. L’obligation religieuse de rejoindre le califat: faire appel à la doctrine religieuse pour amener des croyants à s’aligner avec le califat.