La saisie des 20.000 uniformes par les douanes espagnoles montre l’étendue des soutiens logistiques dont peut bénéficier l’organisation de Da'ech en Espagne, mais aussi, en Arabie saoudite ou en Turquie. Avant la date du 15 mars, l’affaire avait (aussi) débuté le 7 février dernier lorsque la police espagnole a arrêté plusieurs hommes soupçonnés d’appui au terrorisme à Valence, Alicante et Sebta.

Ce sont ces premières arrestations qui mettront à nu un réseau de soutien matériel à divers groupes de combattants en Syrie. Ce réseau avait pour finalité l’envoi de marchandises et d’armes au Levant. Cela pouvait être indifféremment Jabhat al Nosra ou Da'ech

De quoi habiller une armée

L’enquête sur ce réseau a pratiquement abouti à la veille du week-end dernier en Espagne. Détails: il envoyait des produits chimiques et des équipements militaires par conteneurs en Turquie, avant leur convoyage par la route jusqu’en Syrie. Vers le port turc de Mersin d’abord et ensuite à la localité de Bab al Hawa, côté syrien.

C’est la découverte d’un conteneur avec 20.000 uniformes neufs qui a fait sonner l’alarme. Les 20.000 uniformes neufs étaient camouflés sous de la friperie et des matériels de seconde main. L’enquête révélera que la marchandise saisie au port de Valence était arrivée du port saoudien de Jeddah. Mais avant cela, les uniformes avaient été livrés par un Etat, vraisemblablement membre de l’Otan.

Ammar Termanini est l’un des hommes derrière ce commerce, indique El Pais. Syrien, il est né en 1972 à Alep et a émigré en Espagne en 2012, un an après le début du soulèvement anti-Assad. C’est à travers sa société "Tigre Negro" spécialisée dans le commerce textile que la livraison devait se faire de l’autre côté de la Méditerranée. El Pais révèle que jusqu’à récemment, on pouvait voir Termanini sur sa page Facebook portant des armes à Bab al Hawa et à Idlib. Aujourd’hui,  sa page est bloquée.

Le financier présumé du groupe est un Jordanien et l’idéologue un commerçant marocain résident à Muro d’Alcoi (Valence) et président d’une mosquée locale. Ces trois hommes, mais aussi les quatre autres arrêtés dans l’opération du 7 février à Valence et à Sebta, ont été à un moment ou un autre "approchés" par la police espagnole, dans le cadre d’enquêtes. Pour certains après les attentats du 11 septembre 2001, pour d’autres après ceux du 11 mars 2004 à Madrid.