Les chaînes américaines ont donné Donald Trump vainqueur dès la fermeture des bureaux de vote. Selon des résultats partiels, il obtiendrait plus de 50% des voix, devant Ted Cruz (33%) et John Kasich (10%). Sur un de ses tweets, il a écrit: "Ted Cruz, le menteur, a toujours dit qu'il gagnerait et devait gagner l'Indiana. S'il perd, il doit se retirer et arrêter de gaspiller de l'argent et du temps", avant de triompher dans un autre tweet: "Merci l'Indiana!"

La portée de cette septième victoire consécutive depuis deux semaines sera immense.

L'Indiana était l'une des dernières chances pour Ted Cruz, ultime espoir du mouvement anti-Trump, de faire ses preuves. Il a jeté toutes ses forces dans la bataille, allant jusqu'à nommer en avance sa colistière, Carly Fiorina, mais les électeurs républicains lui ont infligé un camouflet. John Kasich, qui n'a pas fait campagne pour tenter de doper le score de Ted Cruz, devrait même obtenir près de 10% des voix.

Donald Trump n'a pas encore atteint la majorité de 1.237 délégués requise pour décrocher l'investiture de façon automatique, mais la probabilité qu'il y parvienne d'ici aux dernières primaires du 7 juin a fortement augmenté.

Il n'a plus besoin que d'environ 40% des 445 délégués restants à distribuer dans les neuf dernières primaires. C'est d'autant plus possible que certains Etats comme le New Jersey et la Californie, où il mène dans les sondages, attribueront la totalité ou presque de leurs délégués au candidat qui arrivera premier (et non à la proportionnelle).

Donald Trump a repris à son compte l'affirmation du tabloïd National Enquirer, dont il est proche, selon laquelle le père d'origine cubaine du sénateur Rafael Cruz, avait fréquenté Lee Harvey Oswald, l'homme accusé d'avoir tiré sur John F. Kennedy en 1963, et qui a lui-même été assassiné deux jours après.

Ted Cruz a nié et laissé éclater sa colère, traitant le milliardaire de "menteur pathologique" et "amoral", un "coureur de jupons invétéré" qui ferait honte à l'Amérique s'il était élu président.

Malgré ou à cause de sa personnalité incendiaire, Donald Trump a le vent en poupe au sein de l'électorat républicain, même s'il reste une personnalité très clivante au niveau de l'ensemble des Américains. Selon un sondage national de NBC News, l'homme d'affaires est soutenu par 56% des électeurs républicains, un chiffre en augmentation constante (il n'était qu'à 39% début mars).

Face au mouvement Trump, l'appareil républicain semble de plus en plus résigné à ce que l'homme d'affaires porte les couleurs du parti à la présidentielle.

Clinton en avance 

Chez les démocrates, l'investiture était déjà quasiment acquise à Hillary Clinton, en raison de son avance en nombre de délégués sur Bernie Sanders. Le scrutin du 3 mai ne pourra pas bouleverser cet état de fait. Selon des résultats partiels, elle obtiendrait un peu plus de 52% des voix.

Hillary Clinton avait avant mardi 3 mai, 2.179 délégués contre 1.400 pour Bernie Sanders, alors que la majorité requise est de 2.383. Les 83 délégués démocrates de l'Indiana seront attribués à la proportionnelle.

Bien que Bernie Sanders ait juré de ne pas se retirer jusqu'à la convention de Philadelphie, en juillet, Hillary Clinton semble désormais préparer le probable match contre Donald Trump, lors de l'élection présidentielle de novembre.

L'homme d'affaires l'attaque à chaque meeting, la traitant de "malhonnête" et l'accusant de jouer "la carte des femmes" pour gagner des voix. Hillary Clinton a détourné cette attaque, en assumant être la meilleure candidate pour défendre les droits de femmes.

"Beaucoup de femmes ont l'habitude qu'on remette en cause leurs compétences", a-t-elle dit dans une interview sur MSNBC. "La plupart des femmes ont interprété ses déclarations négatives par rapport à leur propre situation, pas seulement par rapport à moi".

(Avec AFP)