Il relaie une info qui concerne les finances publiques. D’ici fin 2016, l’Algérie s’achemine vers un déficit budgétaire. A partir d 2017, ce sera soit l’endettement, soit les coupes budgétaires dans les subventions, les salaires, les emplois, les recrutements.

L’Algérie est un pays qui a évidemment une belle marge devant lui. L’endettement est nul, le pays reste riche en hydrocarbures et un endettement intérieur ou extérieur ne le mettra pas en danger.

Mais les Algériens peuvent légitiment ressentir un sentiment de gâchis devant les gaspillages des années fastes et la mauvaise gestion indéniable du présent.

L’auteur ajoute:

“Pour la banqueroute nationale, on avisera le moment venu. Il restera toujours la bonne vieille diversion du «péril national», le risque de guerre avec le voisin marocain. Efficace. Sûre. Garantie.

«Voilà plusieurs semaines que nos dirigeants se plaisent à entretenir un climat exécrable avec le royaume voisin, autour de la question du Sahara occidental, dont ils se défendent pourtant d’être partie prenante, mais autour de laquelle ils multiplient, néanmoins, surenchère, gesticulations et bravades verbales, qui vont bien au-delà de la simple affirmation d’un principe.

«Que cherche, au fond, la diplomatie algérienne, à exciter les démons de la belligérance?»

Mohamed Benchicou reproche à la diplomatie algérienne son engagement de plus en plus visible dans la question du Sahara: “cette grossière façon de s’afficher comme le tuteur du Polisario revient à signifier au monde et, surtout, au royaume voisin, que la question sahraouie est, avant tout, l’affaire du gouvernement algérien. C’est un acte bien irresponsable que de jouer avec l’orgueil d’une nation“.

“L’Algérie devrait se suffire d’exprimer sa position constante, l’autodétermination, sans éprouver ce besoin d’apparaître comme le shérif justicier qui agit en lieu et place de la veuve et de l’orphelin. Ce n’est ni courageux, ni noble, ni malin. D’abord, parce que l’on conforte, par de pareils agissements immatures, la thèse qui voudrait que le Polisario soit une création algérienne, ensuite parce qu’elle entretient la haine dans une région qui en a à revendre et qui est elle-même menacée par un ennemi islamiste commun et, enfin, comble de la tragédie, parce qu’elle est le chemin le plus court vers une confrontation armée. (…)

“En définitive, le seul message qu’elle adresse à l’opinion est que la paix dans la région ne dépend, tout compte fait, que de la patience marocaine“.

Bien vu, confrère. Nous ne l’aurions pas mieux exprimé.

L'édito de Mohamed Benchicou peut être lu ici.