En pleine tourmente, le géant émergent d'Amérique latine pourrait tourner ainsi la page de 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT), ouverte en 2003 par l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qui a présidé au boom socio-économique brésilien des années 2000.

Les sénateurs ont voté à une large majorité de 55 voix (sur 81) l'ouverture formelle d'un procès en destitution de l'impopulaire dirigeante de gauche, accusée de maquillage des comptes publics, au terme d'une session historique entamée mercredi matin. Seuls 22 sénateurs s'y sont opposés.

Dilma Rousseff, 68 ans, est par conséquent automatiquement écartée de la présidence pendant un délai maximum de 180 jours, dans l'attente du jugement final des sénateurs où un vote des deux tiers (54 sur 81), déjà dépassé jeudi, sera requis pour prononcer sa destitution.

L'opposition de droite accuse la présidente d'avoir dissimulé l'ampleur des déficits publics pour se faire réélire en 2014, ainsi qu'en 2015, via des tours de passe-passe budgétaires. Elle lui reproche aussi d'avoir décrété des dizaines de milliards de dépenses sans l'aval du Parlement.

Mme Rousseff devait s'exprimer vers 10h00 locales (13h00 GMT) avant de quitter le palais du Planalto.

Le futur président en exercice Michel Temer, 75 ans, doit s'adresser à la nation depuis la présidence, accompagné de son futur ministre des Finances, Henrique Mereilles. 

M. Temer est tout aussi impopulaire que Mme Rousseff. Une majorité de Brésiliens souhaitent son départ et des élections anticipées, non prévues par la Constitution.

(Avec AFP)