«On peut entendre la glace craquer. Vous savez qu’une crise arrive». C’est ainsi que s’est exprimé vendredi un responsable de la CIA américaine, qui recevait en «off» des éditeurs de presse.
Après Hugo Chavez et la présidence Nicolas Maduro, qui a démarré en 2013, le pays  peuplé de 31 millions d’habitants connaît une inflation de … 700%, des coupures d’électricité qui réduisent la semaine de travail à deux jours et d’importantes pénuries de produits alimentaires et de médicaments.

La croissance économique est négative depuis 2014 et les émeutes de rue désormais un phénomène régulier.

Washington, mais aussi les voisins de Caracas, Madrid et les marchés pétroliers suivent de près la situation politique sur place, encore marquée ce week-end par d’importantes violences.

Le Venezuela est un pays exportateur de pétrole, qui dispose d’importantes réserves. L’absence de diversification économique, les importantes subventions aux produits de base, la chute du baril de pétrole depuis deux ans et l’importante corruption du personnel politique risquent cette fois-ci de lui être fatals.

Les revenus du pétrole, quasi-unique source de revenus du pays, ont chuté de 70% en 2015 et 2016. La situation est aggravée par la plus sévère sécheresse que connaît le pays depuis un demi-siècle.

Depuis l’automne dernier et la victoire législative de l’opposition, celle-ci tente de provoquer l’organisation d’un référendum pour de nouvelles élections présidentielles. C’est notamment le succès remporté par la campagne de collecte de signatures qui a amené le président Maduro à prolonger l’Etat d’urgence  «économique» de deux mois ce samedi, après une précédente période de 120 jours (quatre mois).

Scénarios et persécution politique

Devant les journalistes américains à Washington vendredi, les responsables de la CIA ont avancé trois scénarios possibles au cours des mois à venir:

Premier scénario: L’échec de l’opposition  à organiser un référendum avant le 10 janvier 2017 pourrait l’amener à tenter à nouveau de collecter des signatures et de réclamer de nouvelles élections présidentielles. L’opposition à Caracas est divisée et peu disciplinée, indiquent les officiels américains.

Deuxième scénario: «Un putsch de palais» pourrait amener Maduro à quitter la présidence sous la pression de ses proches.

Troisième scénario: Ce serait un coup d’Etat militaire mené par de jeunes militaires réformistes.

Réunis dans le cadre du forum Initiative démocratique de l’Espagne et des Amériques à Miami cette fin de semaine, 20 anciens chefs d’Etats et de gouvernement ont signé une déclaration dénonçant «la détérioration de la situation économique, sociale et de gouvernabilité» à Caracas.

Les 20 ont condamné «le discours institutionnel conflictuel» de l’actuel président Maduro et «les actions de persécution politique menées contre les députés et les dirigeants de l’opposition», appelant «à la solidarité avec le peuple du Venezuela».

Le Venezuela et l’Uruguay sont les deux seuls pays-membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui ont voté contre la résolution onusienne sur la Minurso fin avril dernier.

Début mai, l’ambassadeur de Caracas à l’ONU s’est fait rappeler à l’ordre par le secrétariat général des Nations-Unies pour «propos antisémites et racistes», tenus au cours d’une réunion officielle.