Le Conseil d'analyse économique (CAE) estime que la mobilité des personnes qualifiées est un phénomène inéluctable. Il est important de s'interroger sur les moyens pour la France d'en tirer bénéfice. La France parvient moins bien que d'autres pays à retenir ses étudiants étrangers après leur diplôme.
Pour une personne mobile, le "parcours optimal" serait de se former en France, de partir à l'étranger pour démarrer une carrière de haut niveau, puis de rentrer en France, à l’âge où il faut payer les études pour ses enfants ou se soigner.
Les Etats risquent de financer des dépenses d'éducation pour des individus qui ne contribueront pas à la croissance nationale ou des dépenses de santé pour ceux qui, quand ils étaient bien portants, ont peu contribué par leurs impôts et cotisations au système social. Symétriquement, les "talents" étrangers peuvent être découragés par des prélèvements élevés, servant à financer un système d’enseignement dont ils n’ont pas bénéficié et un système de santé auquel ils font peu appel, compte tenu de leur âge.
Simplifier la procédure d'obtention du titre de séjour
Le CAE préconise de mieux coordonner au niveau européen l'intervention publique en matière d'enseignement supérieur, en mettant en place des transferts entre pays en fonction des flux intracommunautaires d'étudiants et en réorientant les budgets européens vers le financement du capital humain.
Il prône aussi de laisser les universités fixer librement les droits d'inscription pour les étudiants non communautaires, en leur offrant en contrepartie un accueil à la hauteur des frais exigés.
Il faudrait aussi améliorer la portabilité des droits à la retraite, en centralisant l'information individuelle sur une seule plate-forme, en négociant des accords multilatéraux, incluant des pays hors Union européenne, en harmonisant la fiscalité sur les retraites supplémentaires et en étendant aux régimes complémentaires la possibilité de se faire rembourser les cotisations pour les mobilités de courte durée.
Autres recommandations: créer un guichet unique régional pour l'accueil des "talents étrangers", simplifier la procédure d'obtention du titre de séjour, en la couplant avec la demande de visa et chercher à mieux connaître les Français à l'étranger.
(Avec AFP)