Il s’agit d’une mission de consultation au titre de l’article IV du FMI. Le rapport de consultation a été approuvé le 16 mai par le conseil d’administration du FMI.
Voici de larges extraits du communiqué:
“Les perspectives économiques se sont détériorées depuis 2014 [date de la précédente consultation], avec la chute des prix du pétrole. Il devient de plus en plus urgent de remodeler le modèle de croissance de l'Algérie. L'impact du choc des prix du pétrole sur la croissance a été limité jusqu'à présent, mais les soldes budgétaires et extérieurs se sont détériorés de façon significative.
“En 2015, le PIB réel a augmenté de 3,9% et l'inflation a augmenté à 4,8%. Le déficit budgétaire a doublé, pour atteindre 16% du PIB, en raison de la diminution des recettes des hydrocarbures et la baisse des exportations d'hydrocarbures de près de la moitié a fortement creusé le déficit du compte courant.
“Les réserves de change restent importantes, mais elles ont toutefois diminué de 35 milliards de dollars, se situant fin 2015 à 143 milliards , après un pic de 192 milliards en 2013. La dette extérieure demeure très faible.
“L'économie de l'Algérie est confrontée à un choc externe sévère et probablement de longue durée, appelant une réponse politique vigoureuse basée sur l'assainissement budgétaire et les réformes structurelles.
“L'effondrement des prix du pétrole a exposé les vulnérabilités de longue date dans une économie dirigée par l'État qui est trop dépendante des hydrocarbures. Jusqu'à présent, l'impact du choc des prix du pétrole sur la croissance a été limité, mais les soldes budgétaires et extérieurs se sont détériorés de façon significative.
“L'Algérie a une fenêtre d'opportunité pour s’ajuster au choc et remodeler son modèle de croissance. La restauration des équilibres macro-économiques exigera une consolidation budgétaire soutenue à moyen terme, associée à une masse critique de réformes structurelles, pour diversifier l'économie, tandis que le taux de change et les politiques financières devraient jouer un rôle de soutien. La communication pour construire un consensus autour des réformes nécessaires sera importante.
“La consolidation budgétaire devra être soutenue à moyen terme, pour rétablir la viabilité budgétaire, assurer l'équité inter-générationnelle et soutenir la stabilité externe.
“Il faudra contrôler les dépenses courantes, poursuivre les réformes des subventions, tout en protégeant les pauvres, en mobilisant plus les recettes hors hydrocarbures. La baisse rapide des réserves budgétaires signifie que l'Algérie devra emprunter davantage pour financer les déficits futurs. En plus d'augmenter l'émission de la dette intérieure, les autorités devraient envisager d'emprunter à l'extérieur et l'ouverture du capital de certaines entreprises publiques, de manière transparente, à la participation privée.
“De vastes réformes structurelles sont nécessaires, pour aider à soutenir l'activité économique au cours de la consolidation budgétaire et à diversifier l'économie.
“Les principales réformes comprennent l'amélioration du climat des affaires, l'ouverture de l'économie au commerce et aux investissements, l'amélioration de l'accès au financement, le développement des marchés de capitaux et le renforcement de la gouvernance, de la concurrence et de la transparence.
“L'augmentation de la flexibilité des marchés du travail, tout en mettant en meilleure adéquation les compétences produites par le système éducatif à celles requises par le secteur privé est également nécessaire. Les restrictions à l'importation introduisent des distorsions et ne peuvent pas se substituer à des réformes, visant à stimuler les exportations. Comme les réformes structurelles prennent du temps à porter leurs fruits, elles devraient commencer sans délai.
“Avec la consolidation budgétaire et les réformes structurelles, une plus grande flexibilité des taux de change serait favorable à l'ajustement au choc des prix du pétrole.
“(…) les politiques du secteur financier devraient être encore renforcées, pour répondre aux risques croissants pour la stabilité financière. Le secteur bancaire dans son ensemble est bien capitalisé et rentable, mais les prix du pétrole bas augmentent les risques pour la stabilité financière. De plus, les liens étroits entre la finance, les hydrocarbures et le secteur public augmentent la vulnérabilité des banques aux risques systémiques et exigent des actions préventives. Les autorités devraient poursuivre leurs efforts pour renforcer le cadre prudentiel, notamment en renforçant le rôle de la politique macro-prudentielle et améliorer la préparation et la gestion des crises“.
Au final, la situation est préoccupante. Les réformes seront douloureuses et profondes. Il faudra des politiques crédibles, pour convaincre la population de leur nécessité. Le FMI recommande en fait moins d’Etat et moins de rente dans l’économie. C’est plus facile à dire qu’à faire.
Le texte intégral du rapport sur l'Algérie est consultable ici.