Cette reconnaissance de la gravité de la situation sécuritaire à Paris comme au Caire a notamment suscité de nouvelles interrogations sur la gestion de la sécurité au niveau de la plateforme aéroportuaire de l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle.
Depuis les attentats de Paris de janvier 2016, au lendemain des attentats de Bruxelles en mars dernier, plus de 86.000 autorisations d’accès à l’aéroport de Roissy-CDG ont été réexaminées. 600 badges n’ont pas été renouvelés pour «antécédents judiciaires» et 85 employés ont été licenciés pour «soupçons de radicalisation». Fin novembre 2015, des vérifications avaient permis de vérifier la présence d’employés fichés S (soupçonnés de radicalisation) et détenteurs de badges d’accès aux pistes. 180.000 personnes transitent chaque jour par l’aéroport de Roissy, le premier de France et l’un des plus importants au monde.
Chaque jour, des centaines de passagers au départ et à l’arrivée de Rabat et de Casablanca transitent par Roissy-CDG.
Bagages et transferts de cargaisons
Selon des responsables de la sécurité privée aéroportuaire, depuis les attentats de janvier 2015 et ceux de novembre 2015 à Paris, vérifications des profils des employés et fouilles de casiers dans les vestiaires ont été menées. Le personnel au sol des aéroports est principalement composé de deux catégories : celui chargé du transfert des bagages entre les points d’enregistrement et les avions et celui chargé du transfert de marchandises. Sur les plateformes aéroportuaires, les employés «subissent les mêmes contrôles qu’un passager normal à l’approche d’un avion».
«Une personne peut introduire une bombe à Roissy», indiquait en novembre dernier l’expert aéronautique Gérard Arnoux, interrogé par Libération. Ancien commandant de bord chez Air France, G. Arnoux préside actuellement le Comité de veille de la sécurité aérienne.
L’homme s’exprimait après les attentats du Bataclan et du Stade de France, eux-mêmes survenus après ceux de Charlie-Hebdo et de l’Hyper Casher, quelques mois plus tôt dans la capitale française. C’est dire si aujourd’hui, tout semble devenir possible, en termes de violences aveugles. G. Arnoux évoquait des complicités possibles au sein de l’aéroport de Roissy et précisait : «A partir du moment où les aéroports ne sont pas des enceintes fortifiées et surveillées avec du matériel de type caméras thermiques, n’importe qui peut balancer un colis par-dessus une clôture». Dans la majorité des cas, selon des responsables de la sécurité aéroportuaire, «rien ne se fait sans complicités internes».
En octobre dernier, l’avion de Métrojet reliant Charm el Cheikh à Saint-Pétersbourg avait explosé en plein vol au-dessus du Sinaï. Une canette en aluminium et un détonateur avaient suffi. Désormais, les services occidentaux s’intéressent à la possible «opérationnalité» d’un explosif liquide. Les craintes à ce sujet existent depuis au moins deux ans déjà. A Mogadiscio, un ordinateur portable avait explosé à bord d’un avion qui n’avait heureusement pas encore pris son envol, car «une petite quantité d’explosifs peut trouer un morceau de carlingue, créer un fort appel d’air et complètement déséquilibrer un avion, «indiquait une experte américaine sur CNN, jeudi 19 mai au soir.
En matière d’analyses des hypothèses sur des affaires de terrorisme, la prudence reste de rigueur. Récemment, le vol Paris-Rio avait disparu au milieu de l’Atlantique, pour une affaire de senseur gelé et en Haute-Provence l’avion de Germanwings a été «crashé», par un co-pilote en plein chagrin d’amour.
Par ailleurs, le vol 804 d’Egyptair du 18 mai peut avoir été victime d’un attentat. Mais comme le rapporte Flightradar24, l’Airbus de ce jour était passé par Asmara, Tunis et Bruxelles au cours des heures précédentes.