C'est un tweet de notre consœur Aïda Alami qui nous a alertés: Loubna Abidar, honnie sur les réseaux sociaux dans son propre pays, pourrait faire un retour très remarqué dans le milieu du cinéma international, sous la direction d’un des plus grands réalisateurs au monde.

D’aucuns lui avaient prédit une fin de carrière professionnelle après avoir joué un rôle polémique de prostituée dans le dernier film de Nabil Ayouch. Ce n’est apparemment pas l’avis du grand réalisateur autrichien Michael Haneke, qui l’a rencontrée; en vue de la faire jouer dans son prochain film intitulé "Happy end".

Selon le JDD et nos sources, c’est après avoir visionné son "excellente" prestation dans Much loved qu’il a décidé de s’adjoindre les services de l’actrice marocaine et de l’acteur Abdellah Didane, qui interprétait le rôle d’un chauffeur de taxi accompagnant et protégeant les quatre prostituées du film.

Jointe au téléphone par Médias 24, Abidar confirme qu’elle a déjà effectué des essais pour le film de Haneke sur la migration et qu’elle attend le verdict du réalisateur en juin, pour commencer éventuellement à tourner.

Hormis le fait d’avoir été retenue par un des rares réalisateurs détenteurs à la fois de l’Oscar du meilleur film étranger et de deux palmes d’or (Amour et Le Ruban blanc), Abidar et Didane pourront s’enorgueillir de partager l’affiche aux côtés des deux monstres sacrés du cinéma français que sont Jean-Louis Trintignant et Isabelle Hupert. Ceci au cas où la proposition du réalisateur autrichien est confirmée.

Elle nous révèle également qu’elle a été retenue pour jouer dans un film français et qu’elle partagera le 1er rôle dans un film belge avec l’actrice Lubna Azabal. Le tournage du premier démarrera en septembre et le deuxième en novembre. La thématique des deux portera sur le combat des femmes contre l’injustice.

En 2017, Loubna Abidar démarrera une tournée européenne avec un spectacle constitué de sketches comiques, écrits par elle, sur la condition des femmes dans les pays arabo-musulmans.

Malgré sa nomination au César de la meilleure actrice et l’obtention du Valois d’or au festival du film francophone d’Angoulême, ses détracteurs marocains ont toujours jugé que ces reconnaissances n’avaient aucune légitimité et procédaient d’une simple intention de nuire au Maroc.

Ses récentes sorties médiatiques sur le plateau de Laurent Ruquier, après la publication de son livre "La dangereuse" étaient au moins maladroites, pour ne pas dire instrumentalisées. Une question se pose quand même sur son talent d’actrice: Pourquoi un réalisateur de la trempe de Michael Haneke aurait-il décidé de la retenir dans son casting s’il n’avait pas jugé son talent d’interprète convaincant?

Les mauvaises langues lui prédisaient le destin de Najat Bensallem, star du film "Raja" de Jacques Doillon avant d’être réduite à vendre des cigarettes au détail à Marrakech, mais l’auteur de ces lignes qui avait salué sa performance d'actrice dans l'excellent Much Loved; soutient qu’elle peut percer à l’international, à condition de faire bon usage de son indéniable talent. 

Si un jour le succès est au rendez-vous, saura-t-elle garder la tête froide? Aura-t-elle suffisamment de force intérieure pour l'assumer? Beaucoup en doutent.

L'un d + gds cinéastes (deux palmes d'or) M. Haneke songerait à faire jouer L. Abidar ds son prochain film au côté de Huppert/Trintignant