Il est des livres historiques qui donnent envie de se replonger dans le passé, grâce à une compilation de petites histoires. C’est assurément le cas de celui commis par la journaliste Mouna Hachim,, qui arrive sans mal à transmettre à ses lecteurs sa passion de l’histoire.

Si "Chroniques insolites de notre histoire" réclame une lecture attentive et approfondie, il n’en demeure pas moins que ce livre est une véritable mine d’informations inédites.

Jointe par Médias 24, l’auteure déclare que son but est d’inviter les Marocains à une relecture de leur histoire officielle, souvent cantonnée à des récits conventionnels ou barbants, voire parfois faux.

Hachim revendique son droit à traiter des faits méconnus, en s’appuyant sur des bases documentaires solides qui retracent une bonne partie de l’histoire marocaine. Elle s’y intéresse à l’histoire des mentalités, des mouvements des tribus dans des situations particulières (famines, épidémies) mais aussi à des guerres intestines pendant des changements de dynastie (trahison…).

Ce recueil démarre par la vie des premiers habitants amazighs du Maroc durant la période antéislamique, avant de s’intéresser à leur révolte contre les Arabes, aux mythes fondateurs de la conquête musulmane, pour se terminer avec les prémices de la signature du Traité du Protectorat.

Incontestablement insolite, il revient sur des thématiques inconnues du grand public et raconte plusieurs histoires croustillantes comme celle des fondateurs chrétiens et noirs de la ville de Zagora.

On y apprend aussi que la conquête arabe de l’Andalousie a comme origine l’alliance des Maures avec le gouverneur espagnol de Sebta, souhaitant venger sa fille violée par le roi de Tolède.

Faux prophètes marocains, Coran en langue amazigh, sultan assassiné après une heure de règne, les anecdotes surprenantes et documentées sont légion dans ce livre à la riche bibliographie, de 24 pages.

Ne prétendant pas se substituer aux récits officiels, cet ouvrage offre cependant une lecture plus crédible que certaines fables colportées dans les manuels scolaires et érigés au rang d’histoire incontestable.

Il remet aussi en cause la version officielle de l’apparition du premier Etat musulman sous l’ère idrisside et revient sur les violences de la période almohade ou sur la période encore moins glorieuses de la longue tradition d’esclavagisme du royaume.

L’intention clairement affichée est de rendre l’histoire attractive, avec une multitude d’anecdotes qui ne se cantonne pas à un étalage chronologique barbant de dates et de noms.

Fruit d’une recherche de 3 ans, ce livre se base sur des milliers de recherches bibliographiques (ouvrages de oulémas, auteurs étrangers pendant la période pré-coloniale …).

La journaliste nous déclare que toutes les informations contenues dans "Chroniques insolites de notre histoire" sont recoupées et ne laissent aucune place à l’interprétation ou à la romance.

Selon elle, une suite de ce recueil, qui s’achève en 1907, n’est pas prévue avant une dizaine d’années, du fait de sa volonté d’actualiser sa monumentale histoire des noms de famille marocains et de la sortie d’un nouvel ouvrage à la rentrée prochaine, consacré à l’origine des noms des lieux habités (dictionnaire historique de toponymie marocaine).

Auto-édité à 1.000 exemplaires, son dernier livre, sorti en avril dernier, qui est pratiquement en rupture de stock, fera rapidement l’objet d’une nouvelle édition pour les lecteurs voulant découvrir la grande histoire par les biais de petites histoires bien réelles.

Avec ce recueil, Mouna Hachim commet son 3e ouvrage après "Les enfants de la Chaouia" et "Dictionnaire des noms de famille", publiés respectivement en 2007 et en 2009 et qui ont été de grands succès de librairie.