Theresa May, 59 ans, ministre de l'Intérieur du gouvernement conservateur sortant, prend ses fonctions moins de trois semaines après le vote des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.

M. Cameron, 49 ans, présentera sa démission à la reine Elizabeth II après une dernière séance de questions devant le Parlement de Westminster en fin de matinée.

Mme May se rendra ensuite à son tour auprès de la souveraine pour qu'elle lui confie le soin de former le nouveau gouvernement et devenir ainsi la deuxième femme à prendre les rênes d'un exécutif britannique après Margaret Thatcher (1979-1990), à qui certains la comparent parfois, quand ce n'est pas à la chancelière allemande, Angela Merkel.

Réputée pour son tempérament pugnace, sa force de travail, Theresa May, une fille de pasteur, hérite d'un Royaume-Uni que le référendum a laissé profondément divisé et plein de doutes quant à son avenir.

"Elle prend ses fonctions à un moment qui aurait posé des problèmes même à Churchill", note le quotidien The Guardian pour souligner l'ampleur de la tâche qui l'attend, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l'UE, pour que le Royaume-Uni engage au plus vite la procédure de divorce.

Theresa May, une eurosceptique qui avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a indiqué lundi qu'elle souhaitait "négocier le meilleur accord" pour son pays.

"Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès", a-t-elle assuré, ne laissant guère d'espoir à ceux au Royaume-Uni qui rêvent de voir leur pays rester malgré tout dans le giron européen.

Mme May avait auparavant prévenu qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du Traité de Lisbonne – qui déclenchera le processus de sortie de l'UE – avant la fin de l'année.

Impatients de voir l'Exécutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants européens n'ont pas attendu sa prise de fonctions pour présenter leurs doléances.

"Plus tôt commenceront les négociations, mieux ce sera pour tout le monde", a déclaré mardi le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault.

La nouvelle vie de Cameron

Les premiers jours de la nouvelle Première ministre, désignée après l'abandon surprise, lundi, de sa concurrente dans la course à la succession de David Cameron, devraient également être scrutés de près par les marchés, en quête de certitudes après le choc du référendum.

"Le couronnement virtuel de Theresa May a donné de l'élan à la livre, alors que les nuages d'incertitude ayant suivi le Brexit commencent à se dissiper", a souligné Neil Wilson, de ETX Capital.

Pour David Cameron, qui avait prôné le maintien dans l'UE, c'est une nouvelle vie qui commence, avec comme ombre un référendum qu'il a lui-même lancé, mais dont le résultat a été l'inverse de celui qu'il souhaitait.

Le dirigeant conservateur a remporté deux élections législatives (2010 et 2015), survécu au référendum d'indépendance de l'Ecosse, mais restera pour l'histoire le Premier ministre du Brexit.

La presse britannique estimait qu'il devrait probablement utiliser la séance de questions au Parlement pour vanter son action, entre réussites économiques -au prix d'un accroissement des inégalités selon ses détracteurs- et sociétales, avec la légalisation du mariage homosexuel.

"Au moment où je pars, j'espère que tout un chacun verra un pays plus fort", a-t-il déclaré dans le Telegraph.

(Avec AFP)