Dans ce scrutin secret organisé au Conseil de sécurité, l'ancien haut commissaire aux réfugiés de l'ONU, Antonio Guterres, devance de peu l'ex-président slovène, Danilo Turk, parmi les 12 candidats en lice.

Chacun des 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU, accompagné d'un seul diplomate pour limiter les fuites, devait assigner à chaque candidat une des trois mentions suivantes: "encourage", "décourage" ou "sans opinion".

Pour rappel, l’article 97 de la Charte des Nations-Unies stipule que: "Le secrétaire général est nommé par l'assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité." En d'autres termes, le processus se fait en deux étapes: une recommandation du Conseil de sécurité, suivie par une décision prise par l'assemblée générale.

Antonio Guterres, ancien Premier ministre socialiste du Portugal de 1995 à 2002, a obtenu douze encouragements et M. Turk onze. 

Guterres, 66 ans, avait fait forte impression lors d'auditions organisées par l'assemblée générale pour les candidats.

A son poste de haut commissaire aux réfugiés, il avait dû affronter la plus grave crise de migration en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Il parle couramment anglais, français et espagnol.

Danilo Turk, ancien président slovène de 2007 à 2012, connaît parfaitement les rouages des Nations-Unies, pour avoir été le premier ambassadeur de son pays à l'ONU en 1992, puis secrétaire général adjoint aux Affaires politiques, jusqu'en 2005.

Même si ce vote informel à bulletins secrets a fait un premier tri, d'autres scrutins seront nécessaires pour dégager un consensus autour d'un candidat. Son nom sera ensuite transmis à l'assemblée générale, qui entérinera ce choix.

Il faudra aussi compter avec le droit de veto dont disposent les cinq membres permanents du Conseil (Etats-Unis, Royaume uni, France, Chine et Russie) et qui leur permet de bloquer un candidat, même bien placé.

Le prochain tour de scrutin devrait être organisé la semaine prochaine. Selon des diplomates, les résultats du vote ce jeudi ont été plus tranchés que prévu, malgré le large éventail des candidats, certains se détachant nettement, alors que d'autres ont vu leur cote d'effondrer.

Ainsi le candidat le moins bien placé, non précisé, a écopé de onze "découragements", ce qui devrait l'inciter à se retirer, mais sans l'y obliger.

Il s'agit, expliquait l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft avant le vote, de parvenir "à un nombre raisonnable (de candidats), en incitant les moins bien placés à abandonner la course".

Parmi les autres candidats de premier plan figurent la Néo-zélandaise Helen Clark, la femme la plus haut placée dans la hiérarchie de l'ONU et Susana Malcorra, ministre argentine des Affaires étrangères.

Huit candidats viennent d'Europe de l'Est, dont la patronne de l'Unesco, Irina Bokova. 

La tradition voudrait que le poste revienne à l'Europe de l'Est, seule région qui n'a encore pas eu de secrétaire général. Des voix se sont élevées aussi pour promouvoir une femme, ce qui serait une première après huit secrétaires généraux masculins.

Notons enfin qu'il n'existe pas de limite au nombre de mandats de cinq ans qu'un secrétaire général peut assurer. Toutefois, à ce jour, aucun n'a servi plus de deux mandats.

Âgé de 71 ans, le 9e et actuel secrétaire général de l’ONU, le Sud-coréen Ban Ki-moon, terminera son second mandat de cinq ans à la tête de l’organisation le 31 décembre prochain

(Avec agences)