"Nous partons du principe qu'il s'agit dans cette affaire d'un acte classique d'un forcené", qui a agi manifestement sans motivation politique, a déclaré à la presse un représentant du parquet de Munich, "il n'y a pas d'autres raisons".

"Nous avons trouvé des éléments montrant qu'il se préoccupait des questions liées aux forcenés" auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä.

"Il n'y a absolument aucun lien avec l'Etat islamique", a-t-il déclaré.

Le tueur, un Germano-iranien de 18 ans, né à Munich et qui fréquentait une école de la ville, a ouvert le feu sur des passants vendredi soir à proximité et dans un centre commercial, tuant neuf ou dix personnes selon les sources, pour l'essentiel de jeunes personnes, et en blessant 16 autres.

Ce que l'on sait

La fusillade a éclaté vendredi peu avant 16h00 GMT dans un restaurant McDonald's avant de se poursuivre dans une rue adjacente. Des témoins évoquent alors trois assaillants qui sont ensuite entrés dans le centre commercial situé près du stade olympique, dans le nord de la ville. Il s'avèrera finalement que ces témoignages étaient erronés. L'homme a agi seul et s'est suicidé après les faits.

Une vidéo amateur, postée sur les réseaux sociaux, montre des gens en train de fuir le restaurant et un homme vêtu de noir tirant à plusieurs reprises sur eux.

La ville de Munich a été pendant huit heures pratiquement en état de siège. Les transports en commun ont été interrompus, la gare centrale fermée et les habitants invités à rester chez eux, tandis que des hélicoptères sillonnaient le ciel de la capitale bavaroise, dans le sud de l'Allemagne.

 Mobilisation sans précédent-

Plus de 2.000 policiers ont été mobilisés au moment où les autorités pensaient que plusieurs auteurs étaient en fuite. Parmi eux, des unités d'intervention d'élite venues de tout le pays, y compris le GSG9: cette unité spécialisée dans la lutte antiterroriste a été créée en Allemagne à la suite de la prise d'otages d'un commando palestinien visant des athlètes israéliens pendant les jeux Olympiques de 1972 à Munich.

 Le bilan des victimes

Outre les neuf morts abattus par balles par le tueur armé d'un pistolet, la police déplore 16 blessés, dont trois très grièvement. Parmi les personnes décédées figurent "presque exclusivement" des jeunes gens, âgés de 15 à 21 ans, dont deux jeunes filles, selon la radio-télévision publique de Bavière. Une femme de 45 ans fait aussi partie des morts, selon la télévision. Des médias allemands évoquent un bilan de dix morts.

 Qui est l'auteur? 

Le chef de la police locale, Hubertus Andrä, a indiqué qu'il s'agissait d'un jeune homme de 18 ans, détenteur de la double nationalité allemande et iranienne et vivant depuis deux ans à Munich. Selon les médias locaux, il vivait avec ses parents, dans un logement social où résident de nombreux étrangers ou Allemands d'origine étrangère.

"Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins", a témoigné auprès de l'AFP Delfye Dalbi, 40 ans, qui affirme être une de ses voisines. Selon elle, le jeune homme est le fils d'un chauffeur de taxi.

Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux, authentifiée par la police, l'auteur de la fusillade a un échange virulent avec un riverain, au cours duquel il affirme habiter dans un quartier de gens défavorisés et, de manière énigmatique, affirme: "J'étais en traitement hospitalier".

 "Sale métèque", lui lance son interlocuter. Une voix qui pourrait être celle de l'assaillant lui répond: "Je suis Allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV, le nom de l'allocation chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé". 

A Berlin, la chancelière devrait s'exprimer en début d'après-midi après avoir réuni en milieu de journée ses principaux ministres, qui ont pour certains interrompu leurs vacances après cette fusillade.

Dans tout le pays, les drapeaux doivent être mis en berne en hommage aux victimes, dont on ignore actuellement l'âge ou la nationalité. La vie reprenait peu à peu son cours à Munich, après que la ville se soit retrouvée en état de siège, car les autorités ont craint, sur la base de témoignages, que jusqu'à trois auteurs aient pris la fuite dans la ville.

Temporairement interrompus, les transports en commun ont recommencé à fonctionner samedi matin.

 Sous le choc

L'Allemagne reste toutefois sous le choc: cette tuerie est intervenue quatre jours seulement après une attaque à la hache dans un train régional, également en Bavière, commise par un jeune demandeur d'asile de 17 ans, qui a revendiqué son geste au nom du groupe Etat islamique (EI).

"Attaque contre Munich", a titré le quotidien local tz. "Cela nous a atteints. Les Munichois ont longtemps pensé qu'ils étaient tranquilles. La peur a grandi après chaque attaque à Paris, Istanbul ou Bruxelles (…) depuis vendredi il est clair qu'il ne peut y avoir de sécurité nulle part, même pas dans la ville la plus sûre d'Allemagne", écrit un autre journal local, Abendzeitung.