Un prêtre est mort égorgé mardi lors d'une prise d'otages dans son église, à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans l'agglomération de Rouen, une attaque revendiquée par l'organisation de Da'ech, moins de deux semaines après l'attentat de Nice.
Un autre otage est entre la vie et la mort, selon le ministère de l'Intérieur. Les deux assaillants ont été tués lors d'une opération de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen, a précisé à l'AFP une source policière.
La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, confiée à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Le prêtre auxiliaire de la paroisse, Jacques Hamel, a été tué dans un "ignoble attentat terroriste" par "deux terroristes se réclamant de Da'ech", a affirmé le président François Hollande, qui s'est rendu sur place avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
Selon l'agence Amaq, un organe de propagande de Da'ech, le groupe jihadiste a affirmé que cette attaque avait été exécutée par deux de ses "soldats". L'assassinat d'un prêtre dans une attaque terroriste est une première en France.

Les deux assaillants, dont un serait connu des services antiterroristes, selon des sources proches de l'enquête, ont pénétré dans l'église mardi matin "et ont pris en otages cinq personnes qui se trouvaient" à l'intérieur, a détaillé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.
"A un moment donné, les deux preneurs d'otages sont sortis de l'église, se sont retrouvés face" aux policiers de la BRI locale qui les ont "neutralisés et abattus", a-t-il ajouté.
Plusieurs jihadistes dans le viseur de la justice sont originaires de Normandie, notamment Maxime Hauchard, un converti à l'islam identifié fin 2014 comme l'un des bourreaux de l'EI qui a grandi dans une commune proche de Rouen.
Le Raid, unité d'élite de la police nationale, menait toujours à la mi-journée des opérations de déminage "pour s'assurer que rien n'a été piégé", a précisé M. Brandet.
Selon des journalistes de l'AFP sur place, un vaste périmètre de sécurité a été mis en place, barrant tout accès au centre-ville de cette commune populaire de 27.000 habitants située à quelques kilomètres au sud de Rouen.
Exprimant "sa solidarité aux catholiques de France", le Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé un "acte horrifiant et terrifiant", appelant "les responsables des différents cultes (à) se rencontrer, échanger et combattre les discours de haine".
Cette attaque intervient douze jours après l'attaque au camion menée le soir du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice. Cette attaque, qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés, a été revendiquée par Da'ech, également à l'origine des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts).
(Avec AFP)