Cancer, SIDA, hépatite, syndrome de Gilles de la Tourette, myopathie, maladies de l’intestin: autant de pathologies dont les symptômes peuvent être mieux tolérés avec le cannabis, lequel peut également ralentir la croissance de certaines maladies. C'est en tout cas la thèse de nombreuses études scientifiques, faisant écho aux demandes de plus en plus insistantes de certains patients.
"Il est analgésique, anti vomitif, antispasmodique, anti-inflammatoire et vasodilatateur. C’est un sédatif, un relaxant musculaire et un stimulant de l’appétit. Il peut également jouer un rôle anxiolytique, antidépresseur et antipsychotique", affirme la journaliste Micheel Seeliger dans un ouvrage dédié, intitulé "Cannabis médical – Du chanvre indien aux THC de synthèse". Aidée par un groupe de spécialistes, elle y brosse un tableau quasi-exhaustif des usages médicinaux du cannabis. Et il faut le dire, la liste qu'elle a dressée est longue. Nous la reprenons à titre informatif, sans la cautionner, car il n'y a pas consensus médical sur cette question:
– Il diminue ou supprime les nausées et vomissements associés aux chimiothérapies ou radiothérapies (cancer, sida, VIH, hépatite C);
– redonne de l’appétit aux patients très amaigris (cachexie)
– réduit les spasmes musculaires (paraplégie, quadriplégie, sclérose en plaques, colite)
– réduit la fréquence des crises d’épilepsie
– traite la douleur (douleur chronique, cancer, fibromyalgie, maladie de Crohn, migraines)
– réduit la pression oculaire dans le glaucome
– facilite l’endormissement
– aide au sevrage de l’alcool, des opiacés (héroïne, morphine, codéine), des stimulants (cocaïne) et des anxiolytiques (benzodiazépines)
– diminue l’intensité des crises d’asthme…
Des modèles à l'étranger
Des vertus confirmées par la science et entérinées par la pratique médicale qui, dans plusieurs pays, tend à banaliser l'usage thérapeutique du cannabis. Aux Etats Unis, pays pionnier en la matière, "le marché du cannabis légal a atteint 4,6 milliards de dollars en 2014, le cannabis médical représentant 92% du chiffre d'affaires."
En Allemagne, il est possible d’obtenir une permission spéciale de l’Institut fédéral lié au ministère de la Santé pour "obtenir, posséder et consommer du cannabis sous supervision médicale". Les pharmacies peuvent obtenir la permission de vendre du cannabis ou des médicaments à base de cannabis.
La France, quant à elle, hésite toujours. Le Sativex, ce traitement cannabique contre les douleurs de la sclérose en plaques, y est officiellement autorisé contre ordonnance. Mais officieusement, les autorités françaises n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord sur un prix de vente, ce qui tend à freiner la mise du traitement sur le marché.
Le Maroc devrait-il s'y mettre?
Au Maroc aussi, la loi reste inamovible, avec une répression formelle de la détention, consommation ou distribution du cannabis, lequel est rangé dans la case des stupéfiants. Mais le fait est que le Royaume "jouit" d'un statut de premier producteur mondial de cannabis. Ce que certains voient comme une aubaine. Conséquence, le débat autour d'une éventuelle légalisation s'installe, bien qu'un peu flou.
Dans un rapport 2014, l'Observatoire national des drogues et des addictions écrit qu'il était "tout à fait légitime de penser à légaliser le cannabis pour usage médical et industriel", mais de conditionner cela par des campagnes d’information et de communication claires et didactiques, un programme de prévention ciblé à l’attention des jeunes et un contrôle strict des canaux de production et de distribution."
Ce contrôle, justement, pose un problème. Celui du modèle à adopter. L'observatoire penche pour le plus courant, "le contrôle de l’Etat permettant à des sociétés privées, par le biais de licences, de collecter le cannabis et de procéder à son traitement pharmacologique (…), puis à sa distribution et à sa vente. L’Etat récolterait les taxes relatives à cette opération."