Au terme de cette résidence artistique, les deux artistes présentent leurs œuvres au cours de trois expositions dont la première a lieu actuellement dans les jardins et les salles du palais Moulay Hafid de Tanger. Après Tanger, l’exposition ira à Rabat en octobre prochain puis Marrakech en décembre.
Vivant et travaillant la plupart du temps à Paris, les deux artistes ont décidé de “changer d’atmosphère et de découvrir quelque chose de nouveau“.
Présent à Tanger cette semaine, Olivier Masmonteil, 42 ans, accueille et fait la visite aux visiteurs de l’exposition qui le souhaitent. Etienne Cail, aussitôt la résidence artistique terminée s’est envolé pour Paris où il prépare une exposition et la sortie d’un livre pour le mois de septembre prochain.
“C’est la lumière qui a attiré beaucoup de peintres au Maroc et moi j’avais la sensation qu’il fallait que mon travail évolue, que je passe une nouvelle étape. Je me suis souvenu que lorsqu’il est venu à Tanger, Matisse l’a fait pour les mêmes raisons“, explique Masmonteil. Il explique également qu’en tant qu’artiste-peintre coté, il doit “penser à ses collectionneurs en évoluant, en montrant des changements et des inspirations nouvelles“.
Masmonteil se souvient que lorsque Matisse est arrivé au Maroc en 1912, “il était connu comme peintre fauviste; sa carrière avait démarré mais il était déprimé et a voulu développer son travail de façon différente. Il remettait en cause beaucoup de choses“.
“Lumière solaire“
Olivier Masmonteil parle de Matisse comme d’un maître et d’une source d’inspiration. Il parle de l’hôtel Villa de France de Tanger et de sa fameuse chambre 35; des tableaux peints à travers les fenêtres et des terrasses de la médina.
Une résidence artistique au Maroc en 2016, est comme la suite du séjour de Delacroix ici au XIXe siècle, de Matisse au début du XXe siècle ou de Churchill au lendemain de la 2e Guerre mondiale. “Les peintres, rappelle Masmonteil, qualifient la lumière au Maroc de lumière solaire“.
Si Olivier Masmonteil se consacre essentiellement au genre du paysage comme le précise le site spécialisé Artsper, lui rappelle que les peintres occidentaux se sont “intéressés aux paysages, mais également aux scènes de harem et de hammam“. Ses tableaux sont illuminés de la lumière de Tanger et de Rabat, colorés avec des touches pastel et des tons de vert et de bleu. Majorelle n’est pas loin.

Etienne Cail, jeune peintre de 25 ans s’intéresse lui aux «Orients». Après avoir découvert et s’être inspiré de l’esthétique asiatique et principalement chinoise, il s’est tourné vers le Maroc cette année. Le travail qu’il expose est un ensemble de portraits en noir et blanc très réalistes. Un néo-orientalisme contemporain ressort des œuvres exposées. Ici un portrait réussi de feu Hassan II sur une toile de deux mètres sur deux mètres et demi. Ici une jeune femme en caftan, belle et moderne, au regard lointain et aux yeux de biche. A découvrir.