"Ça commence à 7.000 DH, ça va jusqu'à 90.000 DH". Amine Chraïbi présente quelques modèles de selles qu'il fabrique dans son atelier, dans le quartier Benjdia de Casablanca. Il y a peu, il était encore le seul harnacheur de Casablanca. Aujourd'hui, ils sont deux.

Amine Chraïbi, quadra, est à la tête de la petite entreprise Sellerie Chraïbi (un employé à plein temps), qui officie depuis 1868. Cinq générations se sont succédé à la tête de l'entreprise, restée dans le giron familial, depuis Driss, harnacheur et maître sellier, qui a ouvert son atelier à Fès, à la fin du XIXe siècle.

L'atelier, au-dessus de sa petite boutique de la rue de Jordanie, est organisé autour d'une machine à coudre. Les selles sont empilées, conférant au lieu un aspect diapré surprenant, du grenat au pourpre, qui contraste avec les odeurs de cuir et de colle forte, moins propices à la rêverie. Sur le sol et dans les étagères, les bobines de fil et les pièces de cuir non travaillées envahissent l'espace mal éclairé.

Si une selle atteint des prix importants, c'est que le travail l'est tout autant. Chaque pièce est unique. Chraïbi crée sur demande pour les coloris et sur mesure, en concertation avec le cavalier. Il externalise les broderies, tâche confiée à des femmes qui travaillent en indépendantes, puis reprend les pièces pour les coller, les coudre, les agencer.

Le carnet de commande d'Amine Chraïbi obéit à une saisonnalité, celle des moussems. Son année commence en février et dure entre six et huit mois. Des mois durant lesquels des cavaliers de tout le Maroc lui commandent des selles, mais aussi des bottes et des sacs pour les cavaliers, ainsi que des brides avec oeillères, des poitrails et des tapis de selle pour l'animal. Chraïbi fournit le nécessaire aux cavaliers de tbourida.

Amine Chraïbi sera au Salon du cheval d'El Jadida, du 11 au 16 octobre prochains.