Des chefs jihadistes ont quitté Mossoul, a affirmé un général américain mercredi 19 octobre au troisième jour d'une offensive des forces irakiennes, qui s'apprêtent à lancer jeudi plusieurs assauts autour du dernier bastion de Da'ech en Irak.
Depuis lundi, les forces fédérales et kurdes irakiennes ont fait de rapides progrès, se rapprochant depuis plusieurs directions de la deuxième ville d'Irak. Elles sont appuyées par la coalition internationale dirigée par Washington qui, outre son aviation, a des militaires sur le terrain pour les conseiller.
Selon un général américain de cette coalition, Gary Volesky, "des responsables (de Da'ech) ont quitté" la ville et ce sont des jihadistes étrangers "qui resteront et combattront" à Mossoul.
Mais avant d'atteindre les abords directs de Mossoul, où 3.000 à 4.500 combattants seraient retranchés, les forces irakiennes doivent s'emparer de territoires contrôlés par Da'ech tout autour de la cité.
Cette bataille sera "difficile" a prévenu le président américain Barack Obama et pourrait même durer des mois selon des responsables irakiens.
A Moscou, le chef d'état-major de l'armée russe a prévenu que l'offensive sur Mossoul ne devait pas avoir pour effet de "chasser les terroristes" de Da'ech d'Irak vers la Syrie, où la Russie soutient militairement le régime de Bachar al-Assad.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s'est rendu sur la ligne de front mercredi, dans les environs de Mossoul, où des soldats et policiers irakiens et des combattants kurdes et autres s'apprêtent à lancer jeudi des assauts depuis plusieurs directions
Dans la ville même, des centaines de milliers de civils vivent depuis lundi au rythme des frappes aériennes. "On entend des explosions énormes, mais je ne sais pas quelles sont les cibles", a affirmé à l'AFP Abou Saïf, un résident de 47 ans joint par téléphone. "Beaucoup de familles commencent à manquer de certains produits alimentaires de base, il n'y a plus de commerce à Mossoul, la ville est coupée du monde".
Abou Imad, un autre habitant, a lui fait état de hausses des prix et de dévaluation du dinar irakien au marché noir. Les habitants joints par l'AFP affirment en outre que de nombreuses rues sont fermées à la circulation la nuit et à moitié vide en journée.
A 15 km au sud-est de Mossoul, les forces fédérales sont entrées mardi dans plusieurs quartiers de la ville chrétienne de Qaraqosh, suscitant des manifestations de joie parmi les chrétiens de la région réfugiés à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien, toute proche.
Des officiers du contre-terrorisme irakien ont affirmé à l'AFP que leurs forces étaient en passe de chasser les jihadistes de cette ville.
"Nous encerclons Hamdaniya", le district dans lequel se trouve Qaraqosh, a déclaré à l'AFP le lieutenant Riyadh Tawfiq, commandant des forces terrestres irakiennes, depuis la base de Qayyarah, d'où est organisé le gros de l'offensive vers Mossoul.
"Nous préparons un plan pour lancer un assaut et nettoyer" la ville, a-t-il dit. "Il y a des poches (de résistance), des combats, ils (les jihadistes) envoient des voitures piégées mais cela ne les aidera pas".
Environ 50.000 personnes vivaient à Qaraqosh avant l'arrivée des jihadistes en 2014. C'était le lieu en Irak "où il y avait le plus de chrétiens au même endroit", selon Faraj Benoit Camurat, président de Fraternité en Irak, une ONG qui soutient les minorités en Irak. Sa prise aurait donc "une portée symbolique importante" pour les chrétiens d'Irak, qui seraient maintenant moins de 350.000.
(AFP)