"On a lancé les termes, on a lancé la transaction", a indiqué cette source, confirmant des informations de Bloomberg, ajoutant que trois tranches d'emprunt avaient été proposées aux investisseurs: deux de 5,5 milliards de dollars chacune à respectivement 5 ans et 10 ans et une dernière de 6,5 milliards de dollars, à 30 ans.
Cette répartition est "un grand classique du marché américain" et la demande a été "très bien répartie sur les trois tranches", a poursuivi la même source, selon laquelle l'intérêt des investisseurs pour cet emprunt a été vraiment global, ne se cantonnant pas aux Etats-Unis.
Ce montant est supérieur à celui de 15 milliards de dollars avancé par un analyste interrogé le mois dernier par l'AFP.
Cet emprunt, le plus important jamais contracté par un pays émergent, a déjà suscité une demande de l'ordre de 67 milliards de dollars, selon l'agence Bloomberg News.
L'offre saoudienne va "susciter un fort intérêt de la part des investisseurs, ce qui pourrait se matérialiser par une demande quatre à cinq fois supérieure à l'offre", a déclaré à l'AFP Christopher Dembik, chef des études macroéconomiques chez Saxo Bank.
"Recherche de rendements"
"Les investisseurs sont désespérément à la recherche de rendements", a-t-il relevé. Mais, a poursuivi l'analyste, "bien que le pays puisse légitimement espérer emprunter à un taux attractif, il sera certainement un peu plus élevé que celui de ses voisins, du fait d'une moins bonne notation de la dette souveraine et d'un mouvement récent global de hausse des taux souverains".
Les agences d'évaluation financière Fitch et Moody's avaient annoncé la semaine dernière qu'elles comptaient attribuer respectivement les notes "AA-" et "A1" au futur emprunt en dollars américains de l'Arabie saoudite sur le marché international.
Premier exportateur mondial de pétrole, l'Arabie saoudite prévoit un déficit budgétaire de 87 milliards de dollars cette année et s'efforce de diversifier son économie.
Dans son édition en ligne du 10 octobre, le quotidien Al-Hayat, citant le ministère saoudien des Finances, a rapporté que la dette publique du royaume s'est élevée au 31 août à 273,8 milliards de riyals (65,7 milliards d'euros) contre 142,2 milliards de riyals au 31 décembre et 44,3 milliards de riyals un an auparavant
Ryad a déjà eu recours à l'emprunt sur le marché intérieur, mais cela a eu pour conséquence de mettre la pression sur les liquidités des banques locales, selon Patrick Dennis, expert sur le Moyen-Orient chez Oxford Economics à Londres.
Ces réserves ont baissé de 732 milliards de dollars en 2014 à 562 milliards de dollars en août, selon des statistiques officielles.
Le recours à l'emprunt extérieur réduit en revanche la pression sur les réserves en devises du royaume, note M. Dennis et, pour M. Dembik, il "pourrait aussi inciter le pays a réduire son offensive sur les prix sur le marché pétrolier et permettre à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'obtenir un vrai accord concernant la production".
(Avec AFP)