Le centre a été inauguré dans la soirée du samedi 22 octobre en présence de près d’un millier de personnes, du maire de la ville Bachir Abdellaoui, de nombreux élus et d’une pléiade d’artistes dont Nouamane Lahlou. Le centre culturel Ahmed Boukmakh pour les arts et la musique est situé sur le site reconverti de l’ancien marché de gros de la ville mitoyen au club de tennis municipal.

780 places

Le centre comprend un auditorium de plus de 780 places assises "pour la musique, la danse et le théâtre aux normes internationales pour l’acoustique et l’éclairage notamment", a indiqué lors d’un point de presse le premier vice-président de la commune Mohamed Amahjour. Des studios insonorisés pour l’enseignement de la musique ont été prévus et un projet de studio de mastérisation reste à compléter.

Le centre est dirigé par la poétesse Ouidade Benmoussa.

Lors de la soirée d’inauguration, la fille d’Ahmed Boukmakh, Nazik Boukmakh, a annoncé la donation par sa famille de la bibliothèque du défunt au centre culturel.

L’espace, propriété de la commune, est doté d’une gouvernance comprenant exclusivement des élus communaux. "Une réflexion est en cours pour l’ouvrir sur les acteurs culturels et l’ouvrir plus sur la société civile", a indiqué Amahjour à Médias 24.

Des consultations doivent aussi être ouvertes avec les artistes, les poètes, les écrivains et les créateurs de la ville pour le développement d’actions culturelles innovantes et populaires. L’usage payant des installations du centre culturel pour des manifestations culturelles privées est prévu. Dès ce lundi 24 octobre le centre culturel doit abriter un festival du film documentaire.

16 ans et 60 millions de DH

                            
Lancé en 2000 durant le mandat du maire Dahman Derham, le centre a mis 16 ans pour voir le jour et aura coûté au total 60 millions de DH, "10% des ressources 2016 de la commune de Tanger", a précisé Amahjour, pour signifier qu’impact culturel et politique ne rime pas toujours avec d’énormes budgets.

Les premières études seront finalement lancées en 2007 et le chantier en 2008, pour être complété en 2012. Il est ouvert cette semaine après un dernier coup de peinture et le rajout de caméras de surveillance et de la wifi gratuite. Le centre fonctionnera avec un budget annuel d’un million de DH en 2016-2017 "avec l’objectif d’atteindre les 5 MDH dès que possible."

Pour ses promoteurs "le centre culturel Ahmed Boukmakh sera le symbole d’une offre culturelle locale et nationale valorisée et son nom est un hommage aux créateurs locaux et nationaux; le choix du nom d’Ahmed Boukmakh a été approuvé à l’unanimité du conseil communal", a souligné M. Amahjour.

27 artistes-peintres

La soirée d’inauguration a notamment été marquée par une exposition de tableaux de 27 artistes-peintres, dont Abdelkrim El Ouazzani, Mohamed Melehi, Ahmed Benyessef, Abdelbassit Bendahmane, Karim Bennani, Malika Agzenay, Ahlam Lemseffer, Saâd Benseffaj, Larbi Cherkaoui et André El Baz.

L’exposition restera ouverte au public jusqu’au 10 décembre prochain.

Né en 1928 et décédé en 1993, Ahmed Boukmakh a été un homme de théâtre avant d’être connu et reconnu pour ses manuels de langue arabe Iqrae utilisés par plusieurs générations de jeunes Marocains et de Maghrébins des écoles publiques et privés dans les années 60 et 70. A la veille de son décès à Tanger dans sa villa du quartier California, Ahmed Boukmakh travaillait sur un projet de dictionnaire, qui est resté inachevé.