Le projet de réunir le congrès intervient alors que certains pays arabes font pression sur M. Abbas, 81 ans, pour autoriser le retour de son rival de longue date, Mohamed Dahlane, exilé aux Emirats arabes unis.

Pour certains analystes, le président palestinien veut saisir l'occasion pour écarter ses rivaux, alors que sa succession est au cœur des discussions.

"Tout le monde pense à la succession de Abbas et chacun a ses favoris", affirme Hugh Lovatt, coordinateur pour Israël et la Palestine du Conseil européen des relations internationales (EFCR).

"Mahmoud Abbas ayant évincé ses rivaux potentiels en renforçant sa position, il n'y a aucun candidat naturel dans son camp pour lui succéder", relève-t-il.

Un membre du comité central du Fatah a indiqué sous le couvert de l'anonymat que le congrès devrait se tenir "avant la fin de l'année", vraisemblablement en novembre. Il s'agira du 7e congrès du Fatah depuis sa création dans les années 1960, et du premier depuis 2009.

Il prévoit notamment l'élection des 23 membres du comité central du Fatah, dont Mahmoud Abbas est le président, ainsi que des 132 membres du Conseil révolutionnaire.

Quatre pays arabes -l'Arabie saoudite, l'Egypte, la Jordanie et les Emirats arabes unis- ont fait pression sur M. Abbas afin de résoudre les divergences avec ses rivaux dans l'optique d'une réconciliation entre les différentes factions palestiniennes.

Outre les scissions au sein du Fatah, le parti de M. Abbas et le mouvement islamiste Hamas sont à couteaux tirés depuis la prise du pouvoir dans la bande de Gaza par ce dernier en 2007.

Selon un sondage récent, 65% des Palestiniens étaient pessimistes au sujet de cette réconciliation.

Une autre source de préoccupation pour M. Abbas est le fait que l'Arabie saoudite n'a pas contribué financièrement au budget palestinien depuis le mois d'avril, selon le site Internet du ministère des Finances palestinien.

Alors que ce pays fournit environ 20 millions de dollars (18,3 millions d'euros) par mois aux Palestiniens, certains suggèrent que l'argent est retenu en raison des impasses politiques au sein du leadership palestinien.

(Avec AFP)