Moins d'un an après son adoption à Paris, le premier accord engageant toute la communauté internationale contre le réchauffement entre symboliquement en vigueur vendredi 4 novembre, mais il reste du chemin à parcourir pour l'appliquer, à commencer par la COP22 à Marrakech, qui débute lundi 7 novembre.
A la veille du coup d'envoi de cette 22e conférence du climat de l'ONU, sur 192 signataires du pacte de Paris et "après la ratification de l'Afrique du Sud mardi 1er noembre, ce sont 92 pays qui sont allés au bout du processus", s'est félicitée mercredi 2 novembre Ségolène Royal, la ministre française de l'Environnement et de l'énergie et présidente de la COP21.
Les seuils de 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre requis pour l'entrée en vigueur ont ainsi été franchis plus tôt que tous les pronostics des experts.
"Nous avons fait en neuf mois, ce qui avait pris huit ans pour le protocole de Kyoto", a souligné Mme Royal, signe d'une prise de conscience au plus haut niveau politique de l'urgence à agir pour garder des chances de limiter le réchauffement planétaire à 2°C au-dessus du niveau pré-industriel.
Parmi les très grands émetteurs, la Russie manque à l'appel et n'a pas donné d'indication sur une date de ratification. En Australie et au Japon, les processus sont engagés. En Europe, la Pologne, la Belgique, l'Italie et l'Espagne doivent encore faire ratifier au niveau national.
"Il est important de garder la dynamique de Paris et de ne pas seulement se réjouir de l'entrée en vigueur", prévient toutefois Alden Meyer, expert auprès de l'organisation américaine Union of concerned scientists.
En effet, les négociateurs ont encore du pain sur la planche, l'accord adopté par consensus contenant de nombreuses dispositions à préciser.
Mais le cap ayant été fixé (plafonner puis réduire les émissions de gaz à effet de serre au plus vite), "la COP22 doit être une COP de l'action et de la mise en œuvre", plaide Tosi Mpanu-Mpanu, le porte-parole du groupe des Pays les moins avancés.
Parmi les sujets qui doivent progresser: la définition des règles de transparence entre les Etats, la montée en puissance de l'aide financière aux pays en développement, l'aide technique pour bâtir des politiques de développement "propres" (énergies renouvelables, transports et habitats moins énergivores, nouvelles pratiques agricoles, etc.), la présentation des stratégies nationales à 2050.
(Avec AFP)