Leïla Slimani a remporté le prix Goncourt pour son deuxième roman "Chanson douce" désigné vainqueur dès le premier tour du vote par six voix sur dix. Son roman passe devant «Cannibales» de Régis Jauffret, «L’autre qu’on adorait» de Catherine Cusset et «Petit pays» de Gaël Faye.
L'annonce en a été faite ce jeudi 3 novembre, peu avant 13 heures (GMT+1), au restaurant Drouant à Paris, siège de l'Académie Goncourt depuis 1914.
Dans son premier roman, "Dans le Jardin de l’ogre", la journaliste et écrivaine franco-marocaine de 35 ans évoquait l'addiction sexuelle d'une jeune femme. Son second roman, "Chanson douce", est consacré à la dérive d'une nounou, qui assassine les deux enfants qu'elle adore. C'est une histoire inspirée de faits réels.
La carrière de la romancière franco-marocaine prend une dimension fulgurante après l’obtention du Goncourt.
Deux ans après avoir publié le très remarqué «Le jardin de l’ogre», Leila Slimani obtient une reconnaissance d’autant plus appréciable qu’en 20 ans, seules quatre femmes ont décroché ce prestigieux prix littéraire.
Née le 3 octobre 1981 à Rabat, la nouvelle coqueluche du milieu littéraire détonne par un parcours exemplaire voire brillant sachant qu’elle n'a commencé que depuis deux ans sa carrière de romancière.
Ce qui frappe d’emblée chez celle qui est en même temps journaliste chez Jeune Afrique, c'est sa capacité à traiter avec brio de thématiques dérangeantes pour ceux qui estiment qu’une femme n’a pas à parler crûment de sexe ou de crime odieux.
Diplômée de Khâgne et de Sciences Po, son premier roman «Le jardin de l’ogre» avait défrayé la chronique littéraire et le journal français Libération n’avait d’ailleurs pas hésité à la surnommer «Madame Bovary X».
Dans la même veine de thriller psychologique, «Chanson douce» décrit avec force détails la descente aux enfers d’une nounou en apparence parfaite qui sombre dans l'infanticide.
Nul doute que la force de son écriture glaçante mais addictive pour ses lecteurs lui a permis de se distinguer de ses concurrents et de remporter le plus prestigieux prix de la littérature française.
Cette reconnaissance est d'autant plus méritée que son roman avait été nominé en même pour l'obtention du prix Renaudot 2016.
Ce dernier a finalement été attribué à Yasmina Reza pour "Babylone" car le Goncourt est décerné avant le Renaudot et que les deux prix ne peuvent pas être décernés à un même auteur.