La justice allemande a annoncé, lundi 7 novembre, l'ouverture d'une enquête visant le patron de Facebook après le dépôt d'une plainte pour "incitation à la haine", alors que le réseau social est régulièrement accusé en Allemagne d'être trop tolérant vis-à-vis des contenus racistes.
Si selon le parquet de Munich, l'enquête en est à un stade préliminaire, visant à établir "si un agissement pénalement répréhensible peut être identifié" et si "le droit allemand peut s'appliquer", c'est la première fois que la justice allemande accepte d'examiner une telle plainte.
Il s'agit pour le procureur d'examiner le bien-fondé d'une éventuelle poursuite pour "incitation à la haine" visant le patron de Facebook Mark Zuckerberg et neuf autres responsables du géant d'Internet – le droit allemand ne prévoyant pas la poursuite de personnes morales, mais seulement de leurs dirigeants.
C'est un avocat allemand, basé en Bavière, Chan-jo Jun, qui s'est spécialisé dans ce type d'affaires, qui est à l'origine de la plainte.
"L'ouverture de l'enquête est une importante victoire d'étape, car la dernière procédure engagée avait échoué à cette étape", a commenté Me Jun, qui avait annoncé vendredi 4 novembre la décision à venir du parquet de lancer une enquête.
En mars dernier, le parquet de Hambourg avait rejeté une plainte similaire du même avocat, estimant que les dirigeants de Facebook ne tombaient pas sous le coup de la législation allemande.
Facebook, contacté par l'AFP dès vendredi, n'a pas souhaité commenter la nouvelle procédure judiciaire et souligné que des plaintes de Me Jun ont été "rejetées de manière répétée par la passé".
Ses accusations "n'ont pas de fondement et il n'y a eu aucune violation de la législation allemande. Il n'y a pas de place pour la haine sur Facebook", a indiqué le réseau social.
Depuis des mois, les critiques contre Facebook ont gagné en vigueur en Allemagne. Le gouvernement a déjà à plusieurs reprises mis en garde l'entreprise de Mark Zuckerberg et d'autres réseaux sociaux en leur reprochant de se montrer trop tolérants vis-à-vis des utilisateurs exprimant de positions racistes, antisémites et des appels au meurtre.
Ce type de publications a explosé avec la crise migratoire de 2015, qui a vu arriver quelque 900.000 demandeurs d'asile dans le pays. Or l'Allemagne se veut particulièrement ferme sur les contenus racistes, notamment du fait de son passé nazi.
(Avec AFP)